Le premier gestionnaire d’actifs européen a donné le coup d’envoi, lundi, à une nouvelle édition de son dispositif mondial d’actionnariat salarié. Baptisée « We Share Amundi », l’opération permet aux collaborateurs du groupe de souscrire jusqu’à un million de titres nouveaux, à un prix nettement inférieur aux cours de marché. La Bourse, elle, a accueilli l’annonce avec prudence : mardi, le titre cédait 3,6 % à 90,05 euros, après avoir inscrit la semaine dernière un plus haut de 52 semaines à 98,20 euros.
Un prix de souscription fixé à 66,63 euros
Le prix d’émission a été arrêté à 66,63 euros par action, soit une décote de 30 % par rapport à la moyenne pondérée des vingt dernières séances de Bourse. Chaque titre conserve une valeur nominale de 2,50 euros. Les collaborateurs ont jusqu’au 25 septembre pour faire connaître leurs intentions de souscription.
L’engouement potentiel tient autant à l’escompte consenti qu’au plafond individuel, généreux : chaque participant peut acquérir des titres pour un montant maximal de 40 000 euros. En contrepartie, les actions souscrites sont frappées d’une interdiction de cession de cinq ans, de quoi garantir un ancrage durable des salariés au capital.
Une dilution contenue pour les actionnaires existants
Le volume de l’émission reste strictement encadré : le plafond d’un million de titres représente moins de 0,5 % du capital comme des droits de vote. Les salariés détiennent déjà 2,22 % du capital avant cette nouvelle tranche, ce qui limite mécaniquement l’effet dilutif pour les porteurs historiques.
Le calendrier est déjà arrêté. La réalisation juridique de l’augmentation de capital interviendra le 22 octobre, avant l’admission des nouvelles actions sur Euronext Paris, prévue le 26 octobre. Le programme est ouvert aux collaborateurs basés en France ainsi que dans quatorze autres pays.
Rachats d’actions en parallèle
Le groupe n’est pas resté inactif sur le front du capital. La semaine dernière, entre le 7 et le 11 septembre, Amundi a racheté 200 000 de ses propres titres sur les places de Paris et de CCXE, une opération qui vient compléter le dispositif d’actionnariat salarié.
Malgré la baisse enregistrée mardi, la performance boursière reste solide : depuis le 1er janvier, le titre affiche une progression de 27 %.
Des ajustements défensifs côté portefeuille
Au-delà de ces mouvements capitalistiques, le gestionnaire adapte aussi ses allocations obligataires. Selon Bloomberg, Amundi a récemment renforcé ses positions en bons du Trésor américain à deux ans, une manière de se prémunir contre un ralentissement de la croissance. La récente évolution des rendements et la hausse des prix de l’énergie figurent parmi les principaux facteurs ayant motivé ce réajustement.
Nicolas Dahan, gérant de portefeuille chez Amundi, justifie cette couverture par les risques que font peser sur l’activité économique le coût élevé du financement et le renchérissement du pétrole. Si la conjoncture américaine a fait preuve de résistance ces derniers temps, le gérant français anticipe un vent contraire à moyen terme. Pour un groupe qui pilote quelque 2 800 milliards de dollars d’actifs, les titres à courte échéance offrent un matelas face aux à-coups macroéconomiques.
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