Le constructeur chinois BYD a revu à la hausse ses ambitions internationales pour 2026, passant d’une cible initiale de 1,5 million à une fourchette de 1,9 à 2,0 millions de véhicules livrés hors de Chine. Une révision spectaculaire, portée par un mois d’août record, qui vient rappeler que le principal frein à la croissance du groupe n’est plus la demande, mais bien l’acheminement des voitures.
Un huitième mois de l’année exceptionnel
De janvier à août 2026, le constructeur a écoulé 1.162.260 unités à l’étranger, soit une progression de 85,72 % sur un an. Le seul mois d’août a établi un nouveau sommet mensuel avec 189.466 véhicules exportés ou assemblés sur place. Pour 2027, le management vise désormais plus de 2,5 millions d’unités hors de Chine.
Selon un rapport de l’agence Bloomberg et des notes de Deutsche Bank Research prises lors d’une réunion d’investisseurs, la direction situe la contrainte non pas du côté des capacités de production ni de la demande clientèle, mais dans la logistique de transport maritime. Un diagnostic qui éclaire la stratégie industrielle déployée en parallèle.
Le pari de la production locale
Pour réduire sa dépendance aux seuls cargos en partance de Chine, BYD muscle son appareil industriel dans les marchés clés. L’assemblage dans l’usine hongroise doit démarrer entre novembre et décembre 2026. En parallèle, la production a été lancée en Indonésie, tandis que le site brésilien monte en cadence vers un volume annuel de 300.000 unités.
Toutefois, l’offre ne suit pas partout : un carnet de commandes mondial d’environ 250.000 unités pour les modèles à recharge rapide reste bridé par la disponibilité de la batterie Blade 2, et ce jusqu’au début de l’année 2027.
90.000 bornes de recharge d’ici 2028
L’infrastructure n’est pas en reste. Le groupe prévoit d’installer 90.000 stations de recharge rapide d’ici 2028, avec un premier palier de 20.000 unités avant fin 2026, puis 30.000 supplémentaires en 2027 et 40.000 en 2028.
Cette montée en puissance accompagne l’élargissement du catalogue. Le 2 septembre, BYD a lancé le Sealion 08, vaisseau amiral de la gamme Ocean, proposé en hybride rechargeable entre 230.000 et 260.000 yuans et en version 100 % électrique de 250.000 à 280.000 yuans. Sur le Vieux Continent, la dynamique se vérifie déjà : au Royaume-Uni, les immatriculations ont bondi de 98 % jusqu’à fin août, franchissant le cap des 48.000 unités, avec une part de marché passée de 1,92 % à 3,48 % en un an. Une campagne de septembre offrant jusqu’à 2.500 livres sterling de remise sur les hybrides rechargeables et les électriques vise à prolonger cet élan.
Batteries : 16,47 GWh installés en août
Sur son marché domestique, le groupe continue par ailleurs de gagner du terrain dans les composants. D’après l’association professionnelle chinoise CABIA, ses installations de batteries ont atteint 16,47 gigawattheures en août 2026, en hausse de 26,5 % sur un an. Sa part de marché en Chine progresse ainsi de 1,75 point, à environ 21 %, tandis que le leader CATL a concédé un léger recul.
L’offensive produit se poursuit dans le haut de gamme. Via sa marque premium Denza, BYD a mis sur le marché chinois le SUV 100 % électrique N8L, un six-places dont le tarif débute à 299.800 yuans pour la version à recharge rapide. Il embarque la deuxième génération de la batterie Blade maison, d’une capacité de 130,15 kWh, pour une autonomie annoncée allant jusqu’à 960 kilomètres selon le cycle chinois CLTC. Une déclinaison hybride rechargeable est proposée à partir de 319.800 yuans, avec un accumulateur de 75,26 kWh. Le point d’orgue de la présentation : le « Flash Charging », censé faire passer la charge de 10 à 70 % en cinq minutes.
À l’international, Denza prévoirait, selon des informations de presse, une entrée sur le marché indien d’ici fin 2026, avec les modèles Z9 GT et le van D9 importés en véhicules complets. La vice-présidente Stella Li a par ailleurs précisé le calendrier technologique : une première série d’environ 1.000 véhicules à batterie solide est prévue pour 2027 sur des plateformes premium, la production de masse n’étant pas attendue avant 2030.
Le marché reste sceptique
Ces annonces ne suffisent pas à retourner la tendance boursière. Le titre cédait 1,0 % à 8,75 euros en séance, portant son repli depuis le 1er janvier à 18 %. Il évolue à 9,0 % au-dessus de son plus bas sur 52 semaines, établi à 8,03 euros. La capacité des nouveaux modèles et des avancées en matière de batterie à enrayer durablement la dérive dépendra largement des prochains chiffres de ventes.
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