Le titre BYD poursuit son rebond, mais la prudence reste de mise. Ce mardi, l’action s’adjuge 2,1 % à 10,21 euros, portant sa progression hebdomadaire à 4,2 %. Un sursaut qui doit beaucoup à la cadence effrénée des lancements produits et à la vigueur inattendue des ventes à l’international, révélée par les derniers chiffres de livraison. Pourtant, le chemin reste long : le cours accuse toujours un recul de 4,6 % depuis le 1er janvier et de 20 % sur douze mois, loin du sommet des 52 semaines touché le 26 août à 13,23 euros.
Un mois de juillet record, porté par les exportations
Les statistiques livrées pour le mois de juillet donnent le ton : 419 211 véhicules électriques écoulés, un record pour l’année 2026. L’essentiel de cette performance provient des marchés extérieurs, avec 179 841 voitures et pick-ups exportés, soit une progression de 124,3 % sur un an. Une dynamique qui tranche singulièrement avec la situation intérieure : les immatriculations de voitures particulières en Chine ont plongé de 20,2 % au premier semestre, à 8,7 millions d’unités, tandis que les ventes semestrielles de BYD sur son marché domestique ont reculé de 16 %, à 1,8 million de véhicules. Le segment des véhicules à énergie nouvelle (NEV) n’est pas épargné, avec une contraction de 13 % sur la même période.
Le Da Han arrive en concessions, la gamme s’élargit
C’est dans ce contexte contrasté que BYD a lancé la commercialisation de sa limousine phare Da Han, dévoilée lors du salon de Chengdu qui se tient jusqu’au 30 août. Les premiers exemplaires ont rejoint les showrooms quelques jours à peine après l’ouverture du pré-vente, un délai inhabituellement court. Proposée en trois finitions dès 249 900 yuans, la berline affiche une autonomie supérieure à 1 000 kilomètres selon le cycle CLTC. Le constructeur en profite pour étoffer son offre : la troisième génération du SUV Tang, dotée d’une charge rapide, arrivera au quatrième trimestre, tandis qu’un premier monospace de la famille Ocean pourrait voir le jour d’ici la fin de l’année, sans date ferme à ce stade.
La marque off-road Fangchengbao, elle, a triplé ses ventes en Chine entre janvier et juillet et prépare son entrée sur le segment des berlines avec la Fangcheng S. À l’international, la gamme s’adapte aux marchés locaux : Sealion 08 au Vietnam, M9 en Australie, version élargie de la citadine Seagull… Sans oublier le démarrage de la production au Brésil, où le premier hybride rechargeable flexfuel est sorti des chaînes début août, après un investissement de 100 millions de réais.
Des barrières réglementaires qui s’accumulent
Le scénario haussier repose pourtant sur un équilibre fragile. Les marchés qui portent la croissance des exportations durcissent leurs conditions d’accès : la Malaisie a relevé son seuil d’importation pour les véhicules électriques dès juillet, l’Indonésie impose désormais une production locale avec 40 % de valeur ajoutée, la Thaïlande resserre ses quotas de fabrication et Singapour a réduit ses subventions aux véhicules électriques de 45 %. Autant de freins potentiels à la dynamique exportatrice.
Sur le front intérieur, les perspectives restent moroses. Les analystes tablent sur un recul de 5 à 6 % des ventes de NEV en Chine en 2026, pénalisées par la baisse des aides publiques et la hausse des coûts des matières premières, du lithium aux semi-conducteurs. Le patron de Nio n’anticipe aucune reprise du marché au second semestre, et la guerre des prix continue d’éroder les marges : Xpeng a vu sa perte nette presque tripler malgré une hausse de ses revenus.
Un titre qui se stabilise, sans plus
Techniquement, l’action a reconquis sa moyenne mobile à 50 jours, établie à 9,59 euros, et se situe à 1,5 % sous sa moyenne à 200 jours – un écart qui témoigne d’une stabilisation proche de la tendance de fond. Le rebond actuel, nourri par la combinaison exportations-record et pipeline produits dense, offre une certaine substance. Mais si la demande venait à fléchir dans des marchés clés comme l’Indonésie ou la Malaisie sous l’effet des nouvelles contraintes, et que le marché chinois poursuivait sa dégringolade, le titre pourrait rapidement retester ses plus bas annuels.
Le salon de Chengdu, qui doit encore révéler des détails sur la Fangchengbao S et le futur monospace Ocean, servira de prochain test. En attendant, BYD peut aussi s’appuyer sur ses succès hors automobile : le contrat de stockage d’énergie de 11,275 gigawattheures décroché à Abu Dhabi pour le projet Masdar Round The Clock illustre la diversification des débouchés. Le constructeur revendique par ailleurs 3,52 millions de véhicules équipés de son système d’aide à la conduite « God’s Eye », dont 187 670 unités écoulées en juillet – un argument commercial de poids, notamment à l’export.
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