Le salon de Chengdu, ouvert vendredi, sert d’écrin à une offensive produit d’ampleur pour BYD. Le constructeur chinois y a dévoilé la troisième génération de son SUV Tang et lancé les précommandes de son nouveau vaisseau amiral, le Dahan EV. Cette berline de 5,256 mètres, reposant sur un empattement de 3,130 mètres, revendique jusqu’à 1 008 kilomètres d’autonomie selon le cycle CLTC chinois — un chiffre qui place d’emblée le modèle dans le haut du panier, même pour un secteur habitué aux prouesses techniques.
Une fiche technique qui en impose
Le Dahan EV se décline en trois finitions. Les deux versions à propulsion atteignent l’autonomie maximale, tandis que la variante intégrale se contente de 880 kilomètres. Côté performances, le modèle passe de 0 à 100 km/h en 3,3 secondes dans sa configuration la plus puissante, forte de 570 kW. La batterie Blade de 102,3 kWh accepte une recharge partielle en neuf minutes selon la presse chinoise. L’habitacle n’est pas en reste avec un système audio Devialet à 31 haut-parleurs. Les prix s’échelonnent entre 249 900 et 299 900 yuans.
Le Dahan EV n’est toutefois pas seul sur le pont. La marque satellite Fang Cheng Bao présente à Chengdu les sportives Formula S et Formula S GT, dont les précommandes sont ouvertes entre 230 000 et 280 000 yuans. À l’autre extrémité du spectre, le Seagull 06, lancé début août, démocratise la conduite assistée par LiDAR et la charge rapide dans une fourchette de 100 000 à 150 000 yuans — un segment où le constructeur excelle traditionnellement.
L’export, moteur de la croissance
La séquence tombe à point nommé : les administrateurs de BYD se réunissent vendredi pour valider les résultats semestriels arrêtés au 30 juin. L’expansion internationale devrait y occuper une place de choix. Selon des informations de presse, la part de marché de BYD dans l’Union européenne, l’EFTA et le Royaume-Uni a doublé au premier semestre pour atteindre 2,4 %, soit l’équivalent de celle de Tesla.
Les jalons s’accumulent aux quatre coins du globe. En Australie, le Atto 3 Evo arrive avec une architecture 800 volts et une transmission arrière inédite pour les versions haut de gamme, avec des livraisons attendues en septembre. Au Bangladesh, Runner Automobiles a signé un accord d’importation et de distribution. Au Japon, le kei-car électrique Racco a déjà engrangé plus de 1 000 commandes deux semaines après son lancement — soit 10 % de l’objectif annuel fixé pour ce modèle.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte porteur pour l’industrie chinoise dans son ensemble. Entre janvier et juillet, le pays a exporté 2,909 millions de véhicules à énergie nouvelle, en hausse de 120 % sur un an. En juillet, ces véhicules ont représenté 60,4 % des ventes de voitures neuves sur le marché intérieur. Pour mémoire, la Chine avait exporté 7,098 millions de véhicules en 2025, dont 2,615 millions à énergie nouvelle.
Un environnement qui se tend en Europe
Reste que les vents contraires se multiplient à l’Ouest. Le ministre-président de Basse-Saxe réclame des droits de douane européens sur les hybrides chinoises. Surtout, depuis janvier 2026, une licence d’exportation est obligatoire pour les véhicules électriques à batterie sortant de Chine — une contrainte réglementaire nouvelle qui encadre l’expansion.
Le macroéconomique, lui, joue plutôt en faveur du secteur : la croissance chinoise a atteint 4,7 % au premier semestre, les énergies propres représentent 36,2 % de la production électrique et la fabrication de batteries lithium a bondi de 39,3 %.
La Bourse reste mesurée
Côté marché, le titre a clôturé vendredi à 10,13 euros, en hausse de 2,0 % sur la séance et de 3,8 % sur trente jours. Le franchissement de la moyenne mobile à 50 jours, située à 9,55 euros, suggère une stabilisation à court terme. Mais la tendance de fond demeure négative : le titre accuse encore 5,4 % de repli depuis le 1er janvier et 20 % sur douze mois — l’une des deux sources évoquant même 18 % sur la même période. Le sommet des 52 semaines, touché à 13,23 euros fin août 2025, reste à 23 % de distance.
Les investisseurs institutionnels, eux, ne bougent pas. BlackRock a déclaré début août une participation de 2,91 % dans les ADR de BYD. Les analystes de Bernstein SocGen Group ont réitéré le 11 août leur recommandation d’achat sur le titre coté à Hong Kong, avec un objectif de cours de 130,00 dollars hongkongais.
La présentation des résultats semestriels, vendredi, dira si la déferlante de modèles et les progrès européens suffisent à combler l’écart avec les sommets atteints il y a un an.
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