BYD élargit son offensive mondiale avec le lancement ce mardi au Japon du « Racco », un mini-véhicule électrique de catégorie Kei, segment ultra-concurrentiel dominé par les constructeurs nippons. Cette incursion dans l’archipel intervient alors que le groupe chinois affiche une performance contrastée : si ses exportations explosent et qu’il talonne désormais Tesla en Europe, ses résultats trimestriels domestiques accusent un net repli.
Le Japon, nouvelle frontière pour le géant chinois
Le Racco, dont le nom évoque le raton laveur, représente une tentative stratégique de BYD de s’implanter dans le marché automobile japonais le plus exigeant, celui des Kei-cars, ces petites voitures aux dimensions et motorisations réglementées. Le lancement tombe dans une semaine chargée pour les marchés asiatiques : la Banque du Japon tient sa réunion de politique monétaire les 30 et 31 juillet, tandis que la Réserve fédérale américaine annoncera sa décision sur les taux les 28 et 29 juillet — des échéances qui pourraient influencer le Nikkei 225 et, par ricochet, l’ensemble du secteur automobile asiatique.
L’Europe, un terrain de conquête prometteur
Sur le Vieux Continent, BYD a réalisé une percée remarquable. Au premier semestre 2026, sa part de marché dans l’Union européenne, l’AELE et le Royaume-Uni a plus que doublé, passant de 1,0 % à 2,4 %. Dans le même temps, Tesla progressait de 1,6 % à 2,4 %, plaçant les deux constructeurs à égalité. Les chiffres d’immatriculations provisoires confirment cette dynamique : BYD a enregistré 174 144 nouvelles unités, soit une hausse de 145,5 %, contre 170 351 pour Tesla (+54,6 %). En juin, Tesla a conservé l’avantage avec 52 563 immatriculations contre 38 455, mais le taux de croissance de BYD était près de trois fois supérieur.
La machine exportatrice tourne à plein régime. En juin, BYD a exporté 175 349 véhicules, un bond de 94,7 % sur un an, représentant 43,5 % de ses ventes mondiales de 403 472 unités. Le groupe chinois gagne également du terrain en Australie, où il s’est hissé au deuxième rang du marché avec 18 881 véhicules livrés en juin, derrière Toyota. Le modèle Sealion 7 y est devenu le best-seller de la marque. Au total, 55 516 véhicules de marques chinoises ont été immatriculés dans le pays, illustrant l’emprise croissante de Pékin sur ce marché de droite.
Bénéfices en berne et concurrence féroce en Chine
Pourtant, le tableau est moins flatteur côté résultats. Le chiffre d’affaires non audité du premier trimestre a reculé de 11,8 % à 150,23 milliards de yuans. Le bénéfice net s’est effondré de 55,4 %, tandis que le cash-flow opérationnel s’est contracté de 67,5 %. Les ventes en volume en Chine accusent le coup : les véhicules 100 % électriques ont chuté de 15,2 % sur six mois, et les hybrides rechargeables de 16,5 %.
Le marché chinois des véhicules à énergie nouvelle reste un champ de bataille. Selon le média économique 36Kr, Leapmotor a dépassé BYD en juin avec 93 376 véhicules livrés (+95 %), tandis que les marques liées à Huawei ont atteint 50 624 unités, NIO 40 597 et XPeng 40 126. Li Auto a enregistré une baisse de 14,84 % à 30 895 unités. Le taux de pénétration des véhicules à énergie nouvelle en Chine a atteint 63,6 % en juin, signe d’une concurrence exacerbée.
Régulation et pression sur les prix
Les autorités chinoises surveillent de près ce climat concurrentiel. La semaine dernière, Shanghai a convoqué les grands constructeurs — BYD, SAIC Motor, Tesla, Xiaomi, Xpeng, Nio et Li Auto, soit 15 fabricants — à une réunion de conformité. L’objectif : imposer des règles claires sur les stratégies de prix et les pratiques commerciales, et exhorter les groupes à des auto-vérifications pour éviter tout marketing en ligne déloyal.
L’action entre espoirs de rebond et lourdeur passée
En Bourse, l’action BYD a clôturé vendredi à 9,76 euros à Francfort, en hausse de 0,63 % sur la séance. Sur trente jours, le titre a gagné 14,06 %, signe d’un regain d’appétit des investisseurs. Il se situe désormais 21,55 % au-dessus de son plus bas sur 52 semaines (8,03 euros). Mais la chute reste sévère : le cours accuse encore une baisse de 31,49 % par rapport à son record de 14,25 euros atteint en juillet 2025, et de 32,86 % par rapport au sommet de 14,54 euros touché fin juillet de l’année dernière. Sur un an, la dégringolade atteint 30,02 %, et sur l’année en cours, 8,81 %.
La volatilité annualisée de 41,01 % témoigne des mouvements brusques qui animent le titre. Pour les actionnaires, une échéance concrète se profile : le dividende 2025 de 3,58 yuans pour dix actions A sera détaché le 30 juillet 2026, avec paiement le lendemain. Reste à savoir si la diversification géographique — du Japon à l’Australie en passant par l’Europe — parviendra à compenser les tensions sur les marges dans l’empire du Milieu.
Publicité
Actions BYD: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de BYD et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de BYD entièrement gratuite : En savoir plus ici !

