Les chiffres d’octobre sont tombés le 2 novembre, et ils racontent deux histoires à la fois. Sur le papier, BYD a écoulé environ 490 000 véhicules à énergies nouvelles le mois dernier, soit une progression de 11 % sur un an. Derrière cette hausse apparente se cache pourtant un déséquilibre de plus en plus marqué entre un marché intérieur atone et des débouchés extérieurs en pleine explosion.
Car c’est bien l’international qui tient la barre. Les livraisons hors de Chine ont bondi de 102,8 % en glissement annuel, à quelque 170 000 unités. Un quasi-doublement qui, de l’avis de Reuters, vient compenser une demande intérieure en berne, dans un contexte de guerre des prix acharnée entre constructeurs. Sans ce relais export, la performance commerciale du groupe aurait eu une tout autre allure.
La tendance longue confirme d’ailleurs cette fragilité du socle chinois. Sur les dix premiers mois de l’année, BYD totalise environ 3,6 millions de véhicules vendus, en recul de 2,16 % par rapport à la même période de 2025. Un repli modeste en apparence, mais symbolique pour un constructeur habitué à des croissances à deux chiffres sur son marché domestique.
Un troisième trimestre solide, mais en deçà des attentes
Côté résultats, le tableau est plus contrasté. Il y a une bonne semaine, l’entreprise a publié un bénéfice net de 10 milliards de yuans pour le troisième trimestre 2026, en hausse de 28 % sur un an. Le chiffre d’affaires a suivi la même pente ascendante, à 221,5 milliards de yuans, soit une progression de 13,6 %. Des performances honorables, mais qui n’ont pas suffi : les analystes attendaient davantage, et le consensus n’a pas été atteint.
La sanction boursière n’a pas tardé. Mardi, Piper Sandler a ramené son objectif de cours sur le titre de 95 à 74 dollars de Hong Kong, tout en maintenant sa recommandation à « Neutre ». Un abaissement qui traduit moins un désaveu qu’une recalibration des anticipations, dans un environnement où la rentabilité du constructeur reste sous surveillance.
Le Seal 07 de deuxième génération entre en scène
Sur le front produit, BYD a mis les bouchées doubles. Jeudi, la deuxième génération de la berline Seal 07 a fait ses débuts sur le marché chinois, déclinée en version 100 % électrique et en hybride rechargeable. La variante électrique revendique 775 kilomètres d’autonomie selon le cycle CLTC chinois, et embarque la technologie de recharge rapide Flash Charging du constructeur. Les prix, prime à la reprise déduite, démarrent à 135 900 yuans.
Le constructeur a par ailleurs dû démentir, dès mercredi, des rumeurs circulant en ligne sur l’arrêt de la production de son système d’aide à la conduite God’s Eye C. BYD a également rejeté les allégations d’un changement de ses solutions de conduite intelligente, réaffirmant le choix du développement intégral en interne.
La communication n’est pas en reste : vendredi, le groupe a mis en garde les automobilistes chinois contre de fausses notifications de rappel émises par des escrocs. Les campagnes officielles, rappelle-t-il, passent exclusivement par les concessionnaires agréés et n’exigent ni paiement ni transmission de données bancaires sensibles.
Bruxelles sous pression
Le dossier européen, lui, s’invite désormais dans l’équation. Quatorze députés du Parlement européen ont demandé à la Commission d’évaluer si les véhicules du constructeur présentent un risque pour la sécurité, et d’envisager le cas échéant des restrictions, dont une exclusion des marchés publics. BYD a répondu que les données de ses véhicules et de son cloud européens ne pouvaient faire l’objet d’aucun accès à distance depuis la Chine.
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