Le constructeur chinois BYD continue d’afficher une trajectoire ascendante sur le plan commercial, mais la Bourse ne suit pas. En juillet, le groupe a écoulé 419 211 véhicules à énergie nouvelle en gros, soit une progression de 21,76 % sur un an — le troisième mois consécutif de hausse en rythme annuel, après un printemps plus poussif. Un rebond qui s’inscrit toutefois dans un contexte plus large : selon la China Passenger Car Association, les ventes de voitures particulières électriques produites en Chine ont bondi de 23 % dans l’industrie le mois dernier. BYD profite donc d’une marée montante plutôt que d’une dynamique propre.
L’international, moteur de la croissance
Le volet extérieur impressionne. De janvier à juillet, les ventes à l’étranger de voitures et de pick-ups ont atteint 969 208 unités, représentant 43,5 % des ventes cumulées du groupe. Une part qui témoigne d’une diversification réussie face à un marché domestique où la concurrence s’est durcie. La stratégie d’implantation locale se poursuit d’ailleurs : BYD a lancé cette semaine au Brésil son premier modèle hybride rechargeable à motorisation flex-fuel, une réponse adaptée à un marché où l’éthanol occupe une place prépondérante.
Un objectif annuel qui s’éloigne
Reste l’épineuse question du cap annuel. Après 1,81 million de véhicules écoulés au premier semestre, BYD devrait vendre en moyenne 530 000 unités par mois d’ici décembre pour atteindre la borne basse de sa fourchette cible de 5 à 5,5 millions. Les chiffres de juillet, bien qu’en nette amélioration, ne suffisent pas encore à ce rythme. Reuters se montre d’ailleurs réservé : la demande intérieure chinoise, toujours atone, n’est que partiellement compensée par les succès à l’export.
Une offensive produit tous azimuts
Pour soutenir la demande, le groupe multiplie les lancements. Denza a ouvert début août les précommandes de la Z9S, une berline 100 % électrique affichée à partir de 319 800 yuans, avec une autonomie annoncée de 1 100 kilomètres selon le cycle CLTC — un record revendiqué pour un véhicule de série. Fang Cheng Bao dévoile de son côté le Ti 9, un SUV hybride rechargeable six places, tandis que le modèle Da Han, équipé d’une batterie de 102 kWh et fort d’une autonomie CLTC allant jusqu’à 1 008 kilomètres, fera ses premiers pas publics au salon de Chengdu, du 21 au 30 août.
Au-delà de l’automobile, BYD a confirmé la présentation en août d’un robot humanoïde dans ses espaces d’expérience « Di Space », signe d’ambitions technologiques élargies.
Le marché reste sceptique
La sanction boursière ne se fait pas attendre. L’action a cédé 2,21 % mardi à 9,93 euros, portant le repli depuis le début de l’année à 7,24 % — et à 19,37 % sur douze mois. Le titre se situe désormais près de 25 % sous son plus haut de 52 semaines, atteint fin août de l’année dernière à 13,23 euros. La semaine écoulée affiche un recul de 3,81 %, et le cours évolue autour de 9,91 euros après une nouvelle baisse de 2,72 % en séance.
L’écart se creuse donc entre des ventes qui repartent et une valorisation qui plie. Les investisseurs semblent accorder davantage de poids à la perspective d’un objectif annuel manqué qu’aux signaux de stabilisation opérationnelle. La guerre des prix sur le marché chinois et l’incertitude sur la tenue de la demande intérieure continuent de peser sur le sentiment, même si la diversification géographique et l’effervescence produit offrent des motifs d’espoir.
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