Le constructeur automobile chinois aborde une semaine décisive. Son conseil d’administration se réunit vendredi pour valider les comptes du premier semestre, clos au 30 juin 2026, tandis que le titre évolue sans direction claire : l’action a clôturé à 10,00 euros lundi, cédant 1,3 % sur la séance, après un vendredi à 10,13 euros. Sur douze mois, le repli atteint 21 %, et 24 % par rapport au sommet de 52 semaines touché en août 2025 à 13,23 euros.
Un mois de juillet à deux visages
Les chiffres de ventes publiés par le groupe dessinent une trajectoire contrastée. En juillet, BYD a écoulé 419 211 véhicules à énergie nouvelle, soit une progression de 21,8 % sur un an – le troisième mois consécutif de croissance. Mais ce dynamisme provient presque exclusivement des marchés extérieurs : les 179 841 unités vendues hors de Chine représentent un record absolu, en hausse de 124,3 % en glissement annuel, et pèsent désormais environ 43 % du volume mensuel total.
La situation intérieure est moins flatteuse. Les ventes domestiques ont reculé d’environ 9 % en juillet, à quelque 239 370 unités. Sur les sept premiers mois de l’année, le cumul atteint 2 227 722 véhicules écoulés, en retrait de 10,54 % par rapport à la période correspondante de 2025. Pour espérer atteindre l’objectif annuel de 5,0 à 5,5 millions d’unités, le groupe devrait écouler en moyenne près de 530 000 véhicules par mois d’ici à décembre – un rythme jamais atteint sur un seul mois depuis janvier. Le cap symbolique des 17,3 millions de véhicules vendus depuis le lancement de la marque a néanmoins été franchi.
Chengdu comme vitrine technologique
C’est dans ce contexte que BYD a choisi le salon de Chengdu pour dévoiler ses nouvelles armes. La berline Da Han, nouveau fleuron de la gamme Dynasty, y a ouvert son carnet de commandes en version électrique, déclinée en trois finitions dont les prix s’échelonnent de 249 900 à 299 900 yuans. Le constructeur promet jusqu’à 1 008 kilomètres d’autonomie selon le cycle CLTC et une charge rapide permettant de passer de 10 à 70 % de batterie en cinq minutes, puis de 10 à 97 % en neuf minutes. La version à transmission intégrale abat le 0 à 100 km/h en 3,8 secondes. Le tarif, lui, se situe sous la barre des 52 000 dollars australiens, et les premières livraisons sont attendues dans les prochaines semaines.
Le SUV Tang, dont la troisième génération a également fait ses débuts à Chengdu, affiche jusqu’à 850 kilomètres d’autonomie et une charge de 10 à 70 % en cinq minutes. Commercialisé au quatrième trimestre 2026, il sera positionné comme le vaisseau amiral à huit places de la gamme Dynasty. BYD en profite pour élargir son spectre : un premier monospace de la gamme Ocean pourrait voir le jour avant la fin de l’année, tandis que la sous-marque Fang Cheng Bao a lancé une version longue autonomie de son Tai 7 hybride.
L’offensive ne se limite pas à la Chine. Au salon de l’automobile britannique, le SUV sept places Ti-7, animé par la technologie hybride rechargeable DM-p de 408 chevaux et fort d’une autonomie électrique de 74 miles, a été présenté à partir de 47 995 livres sterling. Au Japon, le kei-car électrique Racco, pensé pour les rues étroites de l’archipel, a déjà enregistré plus de 1 000 commandes. Enfin, au Brésil, le groupe a lancé son premier véhicule hybride rechargeable à technologie flex-fuel assemblé localement, après un investissement de 100 millions de réais sur deux ans dans son site de production.
Le dossier hongrois se complique
Le chantier hongrois, présenté comme le projet vitrine du constructeur en Europe, accumule les retards. La mise en service de l’usine est désormais repoussée au quatrième trimestre 2026, soit environ un an après le calendrier initial. En cause : des accusations de violations du droit du travail visant des sous-traitants, ainsi qu’un réexamen par le gouvernement hongrois des subventions et allègements fiscaux précédemment accordés. Par ailleurs, BYD a confirmé au China Securities Journal qu’il dévoilerait un robot humanoïde lors de son événement « Di Space » en août.
La technologie comme argument de fond
Au-delà des modèles, le groupe mise sur ses systèmes embarqués pour asseoir sa différence. Le dispositif d’aide à la conduite God’s Eye équipe désormais plus de 3,52 millions de véhicules, et la flotte accumulerait plus de 220 millions de kilomètres de données de conduite par jour, selon des informations de presse – une masse de données destinée à accélérer le développement des fonctions d’assistance et à renforcer la position de BYD dans la course à la conduite autonome.
Pour les investisseurs, l’heure est à la patience. Le titre évolue au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours, fixée à 9,56 euros, mais la séance de vendredi dira si la vigueur des exportations suffit à contrebalancer la faiblesse persistante du marché intérieur dans les comptes semestriels.
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