Le titre BYD ne s’est pas seulement repris sur les écrans de cotation. Il s’appuie aussi désormais sur un chantier industriel plus discret, mais potentiellement stratégique : une coopération de long terme avec Covestro autour des matériaux destinés aux véhicules électriques, aux batteries et aux solutions de stockage.
Le constructeur chinois et le groupe chimique allemand ont signé une lettre d’intention afin de développer ensemble de nouvelles solutions matérielles pour les véhicules à énergie nouvelle, les systèmes de batteries, les transports publics et les technologies de stockage. L’accord ne se limite pas à une relation fournisseur-client. Il prévoit des programmes d’innovation communs, de la co-développement technologique et d’éventuels investissements stratégiques.
Covestro doit apporter son savoir-faire dans les matériaux en polycarbonate et polyuréthane. Le groupe met aussi en avant son expérience dans les applications automobiles et électroniques, notamment pour l’éclairage, les garnitures intérieures et extérieures, ainsi que les systèmes électroniques liés à la mobilité connectée. Des matériaux légers et haute performance sont également au cœur du dispositif, avec l’objectif d’améliorer la sécurité, la gestion thermique et la maîtrise des coûts dans les véhicules électriques.
La dimension environnementale n’est pas accessoire. Les deux entreprises veulent avancer sur des solutions bas carbone et recyclables. Dans ce cadre, le portefeuille CQ de Covestro, composé d’au moins 25 pour cent de matières premières alternatives, est appelé à jouer un rôle central.
Cette annonce intervient alors que l’industrie automobile chinoise continue de battre des records à l’export. En juin 2026, 1,037 millions de véhicules ont quitté la Chine, un niveau jamais atteint sur un seul mois, en hausse de 75,1 pour cent sur un an. Les exportations de NEV ont, elles, grimpé à 523.000 unités, soit une progression de 160 pour cent par rapport à l’année précédente.
Pour BYD, l’intérêt est clair : renforcer la maîtrise de composants clés dans les véhicules, les batteries et les systèmes de stockage, au moment où la concurrence reste intense face à Tesla, Volkswagen et d’autres constructeurs mondiaux. Le groupe cherche aussi à mettre en place une chaîne de valeur plus intégrée, avec des conséquences possibles sur le poids, la durabilité, la sécurité et les performances thermiques de ses modèles.
Cette stratégie n’est pas sans contrepartie. Le projet en est encore à ses débuts et devrait d’abord générer des dépenses de recherche, ainsi qu’une éventuelle immobilisation de capital. Le calendrier de déploiement des nouvelles technologies dans les programmes véhicules et batteries de BYD reste à préciser. Si l’effet industriel tarde, les coûts de coopération pourraient peser sur des marges déjà sous pression.
En Bourse, le marché a toutefois retrouvé un peu d’appétit pour le dossier. À Francfort, l’action a terminé jeudi à 10,06 euros, en hausse de 2,86 pour cent sur la séance. À Hong Kong, elle a clôturé à 10,00 euros, soit un gain de 10,50 pour cent sur un mois. Depuis le début de l’année, BYD reste cependant dans le rouge, avec une baisse de 8,17 pour cent ; sur douze mois, le repli atteint 25,62 pour cent, contre 26,85 pour cent selon l’autre point de comparaison communiqué.
Le redressement reste récent. La valeur a touché son plus bas sur 52 semaines à 8,03 euros le 30 juin 2026, puis a progressé d’environ 24,5 pour cent depuis ce point bas. Le cours reste néanmoins éloigné du pic annuel de 14,80 euros atteint en juillet 2025, avec un écart encore de 32,43 pour cent.
Le signal technique s’est renforcé le 15 juillet, quand le titre a franchi pour la première fois depuis plusieurs semaines sa moyenne mobile à 50 jours. Le cours évolue désormais 4,32 pour cent au-dessus de cette barre, fixée à 9,64 euros. En revanche, il demeure à 5,53 pour cent sous sa moyenne à 200 jours, ce qui tempère la lecture du rebond.
Le prochain rendez-vous important est déjà calé : BYD publiera ses résultats du deuxième trimestre le 29 août 2026. D’ici là, la zone des 9,64 euros devrait rester un niveau clé pour les investisseurs, tant que le titre s’y maintient. Parallèlement, les comparaisons sectorielles restent contrastées : Toyota a avancé de 2,09 pour cent, Volkswagen-Vorzugsaktien a cédé 0,40 pour cent, Tesla a reculé de 0,10 pour cent, tandis que Nio a progressé de 0,45 pour cent et Stellantis de 0,29 pour cent. Avec une capitalisation boursière d’environ 86 milliards d’euros, BYD reste l’un des poids lourds du secteur.
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