Le constructeur chinois cumule les jalons outre-mer. Le 16 juillet, son usine de Camaçari, au Brésil, a vu sortir de ses chaînes le 100 000e véhicule électrique, un Dolphin Mini. Cinq jours plus tard, un navire roll-on/roll-off déchargeait plus de 2 000 BYD dans le port de Karachi, la plus grosse livraison jamais expédiée vers le Pakistan. Deux événements qui illustrent la cadence à laquelle la marque déploie sa présence hors de Chine.
L’usine brésilienne, dotée d’un investissement de 5,5 milliards de reais, emploie désormais 5 500 personnes. Sa capacité initiale de 150 000 unités par an doit être portée à 600 000 à terme. D’ici début 2027, la moitié des composants seront sourcés localement, a précisé le directeur du site, Li Tie. Au Pakistan, le partenaire local Mega Motor Company a réceptionné cette cargaison record. BYD y voit un maillon essentiel de sa stratégie mondiale, le pays accélérant sa transition vers la mobilité propre.
Pourtant, cette dynamique internationale ne se fait pas sans accroc. En Australie, BYD a dû rembourser intégralement 1 265 clients à qui des véhicules construits en 2025 avaient été présentés comme des modèles 2026, en raison d’une confusion entre date de sortie d’usine et date de production. Après avoir proposé un dédommagement de 1 100 dollars australiens, le groupe a finalement opté pour un remboursement complet ou un échange gratuit. L’incident n’entame pas la progression de la marque sur ce marché : les constructeurs chinois (BYD, GWM, MG, Chery) figurent désormais parmi les dix marques les plus vendues en Australie, et BYD a failli dépasser Toyota en juin – lequel a vu ses ventes chuter de 21,4 % sur l’année.
Cette poussée à l’export répond à une nécessité impérieuse. Au premier semestre 2026, BYD a écoulé 792 256 véhicules à l’étranger, soit une hausse de 70,7 % sur un an. Les exportations représentent désormais 43,8 % des ventes totales, contre environ 23 % un an plus tôt. Dans le même temps, les ventes en Chine ont plongé de 39,6 % à 1 016 255 unités. La raison est aussi comptable : la marge brute à l’export atteint 28,1 %, contre 17,2 % sur le marché domestique laminé par la guerre des prix. Le groupe exporte depuis six mois consécutifs plus de 100 000 véhicules par mois, avec un record à 175 349 en juin.
En parallèle, BYD muscle sa feuille de route technologique. Le 28 mai, il a dévoilé le Xuanji A3, premier processeur 4 nanomètres développé en Chine pour la conduite autonome, capable de 2 100 TOPS, déjà produit en série. Le PDG Wang Chuanfu a promis plus de 100 milliards de yuans d’investissements dans les systèmes d’aide à la conduite. Côté batteries, l’introduction d’une taxe chinoise de 2 % sur les batteries lithium-ion à partir de septembre 2026, puis 4 % en 2027, poussera BYD et CATL à accélérer sur les batteries solides et sodium-ion, exonérées jusqu’à fin 2028. Sur le marché chinois du stockage, BYD a porté sa part de marché à 18,49 % en juin, gagnant 1,92 point, tandis que CATL reculait à 42,70 %.
En Bourse, l’action BYD cédait 1,75 % vendredi à 9,90 euros, loin de son plus haut annuel à 14,80 euros atteint en juillet 2025 – soit un recul de 33 %. Le titre a toutefois rebondi de 23 % depuis son plus bas des douze derniers mois (8,03 euros fin juin). Le RSI à 58,8 suggère une dynamique neutre à légèrement positive. La question qui demeure est de savoir si le rythme des exportations et des ouvertures d’usines suffira à compenser la déprime chinoise et à ramener l’action vers ses sommets perdus.
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