Le constructeur chinois a beau avoir vu son action tanguer après la publication de ses comptes trimestriels, il n’en reste pas moins sur plusieurs fronts. Entre résultats inférieurs aux attentes, partenariats technologiques et projets industriels, la période aura été dense pour le groupe de Shenzhen.
Les chiffres dévoilés le 29 octobre disent tout de la tension qui traverse BYD. Au troisième trimestre 2026, le bénéfice net s’est établi à 10 milliards de yuans, en hausse de 28 % sur un an. Un bond que les courtiers espéraient toutefois bien plus marqué : leurs estimations, compilées par Reuters, oscillaient entre 11,4 et 12,95 milliards de yuans. Le chiffre d’affaires, lui, a progressé de 13,6 % pour atteindre 221,5 milliards de yuans, sans convaincre davantage les analystes.
La pression concurrentielle sur le marché intérieur explique en grande partie cette déception. Sur le trimestre, les ventes en Chine ont reculé d’environ 12 %, selon Reuters. Un repli que le dynamisme des exportations — plus que doublées — n’a pas suffi à compenser entièrement. À la Bourse, la sanction fut immédiate : le titre a plié au lendemain de la publication, le 30 octobre.
Octobre confirme le redressement par l’international
Le mois suivant est venu rappeler que le groupe savait encore trouver des relais de croissance. BYD a écoulé 490 168 véhicules en octobre, soit 11 % de plus qu’un an plus tôt. Il s’agit là du sixième mois consécutif de progression. Les ventes à l’étranger de voitures particulières et de pick-up ont frôlé les 170 000 unités, selon les données de l’entreprise. Les marchés extérieurs ont ainsi permis d’absorber la mollesse de la demande intérieure et la guerre des prix qui fait rage sur le sol chinois.
Sur les dix premiers mois de l’année, le cumul atteint 3 621 744 véhicules. Malgré le sursaut d’octobre, ce total reste inférieur de 2,16 % à celui de la même période en 2025.
Intelligence artificielle et mobilité connectée
En parallèle de ces turbulences boursières, BYD tisse sa toile dans les technologies embarquées. Le constructeur a signé hier un accord de coopération stratégique avec le fabricant de smartphones vivo, portant sur la mobilité assistée par intelligence artificielle. Le partenariat couvre l’intégration entre appareils ainsi que l’interconnexion des téléphones et des véhicules. L’ambition affichée : faire dialoguer les deux univers et exploiter l’IA dans le domaine des déplacements.
Sur le front des aides à la conduite, le groupe a tenu à couper court aux rumeurs. Mercredi, il a démenti tout changement de cap concernant ses systèmes d’assistance. Ni l’arrêt de God’s Eye C, ni une migration des systèmes B et C vers une autre solution n’ont été décidés, selon ses déclarations aux médias. Le développement reste internalisé, tout comme les mises à jour logicielles.
Alerte aux fausses campagnes de rappel
La communication de crise n’était pas terminée. La veille, BYD avait mis en garde contre des avis de rappel frauduleux circulant sous son nom. Les émetteurs de ces messages s’appuyaient sur de fausses allégations relatives à l’expiration de garanties. Le constructeur rappelle que seuls ses concessionnaires agréés sont habilités à diffuser des avis de rappel officiels.
Un bus autonome présenté à Singapour
L’actualité industrielle n’est pas en reste. Lors de la Singapore Urban Mobility Week, BYD et MOGOX ont levé le voile sur le B90, un bus électrique autonome. Le véhicule, à conduite à droite, mesure 8,5 mètres de long et est conçu pour la conduite autonome de niveau 4. Le constructeur chinois a fourni la plateforme du bus, tandis que son partenaire a développé le système de conduite autonome. Chacun a apporté sa brique technologique à ce projet commun.
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