Le deuxième trimestre 2026 a offert à BYD un retour sur le toit du monde de l’électromobilité : 557 090 véhicules 100 % électriques livrés, contre 480 126 pour son grand rival américain. La Bourse a salué l’exploit : le titre a bondi de 7,38 % en une séance, et de 15,56 % sur la semaine. Pourtant, le tableau n’est pas aussi flatteur qu’il y paraît.
Depuis le 1er janvier, l’action perd encore 12,55 %. Le 30 juin, elle touchait son plus bas niveau sur 52 semaines à 8,03 €. Vendredi, elle clôturait à 9,58 €, soit 35,27 % en dessous de son record de juillet 2025 (14,80 €). La raison de cette contre-performance tient en un chiffre : le marché chinois, qui reste son cœur historique, s’effondre.
En juin, les ventes domestiques de véhicules électriques ont plongé de 22 % sur un an. Sur l’ensemble du premier semestre, la baisse atteint même 40 %. La pression concurrentielle et la réduction des subventions ont laminé le bénéfice net du premier trimestre 2026, en recul de 55 % – le plus faible depuis trois ans. BYD ne rattrape ce trou d’air que grâce à son essor à l’étranger, qui représente désormais 43 % de son volume total de ventes.
L’Europe est devenue le pivot de cette stratégie. La nouvelle usine de Szeged, en Hongrie, tourne depuis janvier en essai et doit entrer en production de série au deuxième trimestre. Et un second site européen se profile : l’Espagne et la France seraient en lice, BYD songeant à racheter une unité existante. Les ventes sur le Vieux Continent ont bondi de 144 % sur les cinq premiers mois de 2026, après une année record (+275 % en 2025). Le management a relevé son objectif d’exportation pour 2026 de 1,3 à 1,5 million d’unités.
Au-delà de l’automobile, BYD étend son emprise. Avec Greenvolt Power, il lancera en Pologne le projet de stockage par batteries Siedlce – le plus grand du pays – dont la construction doit débuter au troisième trimestre 2026. Ce projet illustre la polyvalence de sa technologie Blade de deuxième génération. Mais ce passage à la nouvelle batterie a aussi provoqué des goulets d’étranglement en production, BYD invoquant lui-même ce facteur pour expliquer des retards de livraison sur plusieurs modèles.
La marque compte sur ses nouveaux fleurons pour relancer la machine. Au Goodwood Festival of Speed de juillet, huit modèles inédits seront présentés, dont le sportif Denza Z et le SUV « Great Tang ». Ce dernier, en version sans nickel, a déjà recueilli 150 000 précommandes en Chine. Parallèlement, le réseau de recharge s’étend : 7 000 stations réparties dans 325 villes, avec un objectif de 20 000 d’ici la fin de l’année.
Du côté des risques géopolitiques, les États-Unis maintiennent des droits de douane à 100 % sur les électriques chinoises, et l’UE, qui applique déjà jusqu’à 45 % de taxes, envisage des surtaxes supplémentaires sur les hybrides – un segment qui pèse lourd dans les ventes européennes de BYD. La décision canadienne d’abaisser ses droits de douane offre une bouffée, mais l’équation commerciale reste instable.
Techniquement, l’action reste dans une zone de convalescence. Elle cote 3,83 % en dessous de sa moyenne mobile à 50 jours (9,96 €) et près de 11 % sous celle à 200 jours (10,76 €). Le RSI à 56,6 laisse une marge de manœuvre, sans signal d’excès. La volatilité annualisée à 40,40 % rappelle que les chocs peuvent survenir d’un jour à l’autre.
Scénario haussier : si la part des ventes à l’étranger continue de progresser au‑delà de 43 %, le titre pourrait tenter une sortie vers sa moyenne à 50 jours, aidé par l’effet Goodwood et le démarrage attendu du « Great Tang » en Europe d’ici fin 2026.
Scénario baissier : si les problèmes de production liés à la Blade 2 persistent après le troisième trimestre, ou si les droits de douane européens sur les hybrides se durcissent, un nouveau test des 8,03 € n’est pas exclu. Les investisseurs scruteront donc deux jalons : le point sur la montée en puissance de la nouvelle batterie et la confirmation de l’implantation du second site européen, deux pièces maîtresses de l’équation BYD pour les mois à venir.
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