L’action Carbios reste proche de ses plus bas, prise en étau entre un calendrier chinois qui glisse et une usine française dont le financement doit encore être bouclé. La correction atteint désormais près de 45 % depuis le 1er janvier, tandis que la valeur oscille autour de 6,42 euros, non loin du plancher des 5,75 euros touché récemment. Ce n’est pas un problème de liquidité immédiate – la société dispose encore de 59 millions d’euros de trésorerie consolidée à fin 2025 –, mais un sérieux test de crédibilité sur la capacité à industrialiser sa technologie.
Le partenaire chinois retarde son entrée au capital
Carbios et Wankai New Materials ont repoussé la souscription d’une augmentation de capital réservée de 5 millions d’euros. L’opération devait initialement être bouclée avant le 2 juin 2026 ; elle est désormais attendue au plus tard le 31 décembre de la même année, sous réserve des autorisations administratives et réglementaires chinoises. Le prix d’émission reste fixé à 8,0947 euros par action, calculé sur la moyenne des cinq séances précédant le 1er décembre 2025, diminuée de 10 %.
Ce décalage intervient alors que le projet de Haining, dans la province du Zhejiang, connaît lui aussi un retard. La mise en service de la première usine chinoise de biorecyclage de PET – d’une capacité de 50 000 tonnes par an – est désormais prévue au premier semestre 2028, contre une échéance initiale plus précoce. Carbios évoque la nature innovante du procédé et des travaux techniques supplémentaires pour l’adapter au site.
Un autre signal a attiré l’attention des observateurs : Wankai a déposé le 3 mars 2026 un brevet pour une technologie de recyclage du PET par glycolyse, publié le 3 juin suivant. Rien n’indique une rupture avec Carbios, mais ce dépôt montre que le partenaire explore ses propres voies techniques.
Côté français, Longlaville reste le point dur
Sur le territoire national, la future unité de Longlaville avance à un rythme contraint. Le bouclage financier du chantier, dont le coût est estimé à 230 millions d’euros, doit intervenir d’ici le troisième trimestre 2026. Les subventions publiques déjà contractualisées couvrent 42,5 millions d’euros. Côté commercial, la moitié des volumes de production est déjà réservée par des clients comme L’Oréal et L’Occitane en Provence.
La mise en service est également visée pour le premier semestre 2028. Le flux de trésorerie prévu pour 2026, hors Longlaville, tourne autour de 20 millions d’euros. L’usine française constitue donc le principal besoin de financement externe à couvrir dans les mois à venir.
L’assemblée générale en ligne de mire
La prochaine échéance clé est l’assemblée générale du 18 juin 2026 à Paris. Plusieurs résolutions pourraient élargir les marges de manœuvre financières. La résolution 12 prévoit la possibilité d’émettre des actions ou des titres avec suppression du droit préférentiel de souscription au profit de certaines catégories de bénéficiaires. La résolution 16 porte quant à elle sur un rapport relatif à une réduction de capital.
Ces points ne signifient pas qu’une opération est imminente, mais ils préparent le terrain. Après le report de l’entrée de Wankai, cette partie de l’ordre du jour sera examinée de près par les actionnaires.
Techniquement, le titre évolue très en dessous de sa moyenne mobile à 200 jours, située à 9,12 euros. Le petit rebond du jour ne suffit pas à restaurer la confiance. Le marché attend désormais des certitudes : les autorisations chinoises, la finalisation du financement de Longlaville et des jalons industriels tangibles. D’ici là, Carbios reste sous le feu des questions sur son rythme de déploiement.
Publicité
Actions Carbios: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Carbios et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Carbios entièrement gratuite : En savoir plus ici !

