Le spécialiste australien de la lutte anti-drones traverse une période paradoxale. Alors que les commandes s’accumulent et que les comptes affichent une santé insolente, la grogne monte parmi les actionnaires. L’assemblée générale du 29 mai a marqué un tournant : 48 % des voix ont rejeté le rapport de rémunération, un premier strike selon le droit australien. Un chiffre qui dépasse largement le seuil des 25 % déclenchant l’alerte. Parallèlement, 43 % des suffrages se sont opposés à l’attribution d’options au directeur général Angus Bean.
Cette défiance trouve ses racines dans une série de polémiques. Le conseiller en vote Ownership Matters avait déjà publiquement recommandé de voter contre la politique salariale. Surtout, l’Australian Securities and Investments Commission (ASIC) mène deux enquêtes : l’une porte sur des ventes d’actions par d’anciens dirigeants en novembre 2025, pour un montant d’environ 70 millions de dollars – des transactions qui pourraient avoir été réalisées avec des informations privilégiées. L’autre concerne une éventuelle double comptabilisation de recettes, un contrat de 7,6 millions de dollars ayant été annoncé puis retiré. Pour y faire face, DroneShield a renforcé ses procédures internes, allongé les périodes de négociation et mis en place un comité de divulgation.
Pourtant, du côté opérationnel, la machine tourne à plein régime. Le département de police de Kansas City a choisi DroneShield pour sécuriser l’espace aérien autour du stade Arrowhead, où se dérouleront six matches de la Coupe du monde de football 2026. La plateforme de détection et de neutralisation sera intégrée à un système multicouche incluant les radars d’Echodyne. Le financement provient d’un programme fédéral du département de la Sécurité intérieure américain. Kansas City fait figure de pionnière : elle devient l’une des premières villes américaines à déployer une infrastructure de gestion de l’espace aérien coordonnée, conçue à la fois pour les grands événements et pour le trafic croissant de drones.
Ce contrat prestigieux n’a pas empêché un mouvement d’actionnaires institutionnels de taille. Citigroup Global Markets Australia a annoncé ne plus figurer parmi les actionnaires significatifs, après des réductions de participations déjà observées chez BlackRock, JPMorgan et une autre entité de Citigroup. Un paradoxe apparent, mais le marché semble l’ignorer : le titre a gagné près de 9 % sur la semaine, à 2,03 euros, et s’est redressé de 13 % depuis son point bas du 20 mai.
Les arguments financiers pèsent lourds. Le premier trimestre de l’exercice 2026 a vu le chiffre d’affaires bondir de 121 %, à 74,1 millions de dollars. Les encaissements clients ont grimpé de 360 %, à 77,4 millions. Le flux de trésorerie opérationnel est positif pour le quatrième trimestre consécutif, à 24,1 millions. La trésorerie atteint 222,8 millions de dollars australiens, sans aucune dette. Les revenus déjà comptabilisés pour l’exercice en cours s’élèvent à 154,8 millions, et le pipeline commercial représente 2,2 milliards de dollars répartis sur 312 projets dans plus de soixante pays – un record. La bourse australienne a d’ailleurs dispensé DroneShield, en mai, de l’obligation de publier des rapports trimestriels de cash-flow, un signe de maturité.
Techniquement, l’action trouve un support autour de 2,18 euros (moyenne mobile à 50 jours) et bute sur une résistance à 2,20 euros. Le RSI à 40 indique un marché ni survendu ni suracheté. La volatilité annualisée reste élevée, à 57 %.
Le prochain rendez-vous est fixé au 3 juin avec la publication du rapport trimestriel. Plusieurs catalyseurs sont attendus : un appel d’offres de l’OTAN pour des systèmes anti-drones, et le « Safer Skies Act » américain qui pourrait ouvrir des milliers de nouveaux clients institutionnels. Les analystes restent partagés : Jefferies conseille de conserver le titre avec un objectif à 3,70 dollars australiens, Bell Potter recommande l’achat à 4,80 dollars. Pour le conseil d’administration, l’épreuve est double : convaincre les marchés de la pérennité des performances, et regagner la confiance des actionnaires avant qu’un deuxième strike ne provoque une révocation générale.
Publicité
Actions DroneShield: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de DroneShield et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de DroneShield entièrement gratuite : En savoir plus ici !

