L’écart se creuse entre la performance opérationnelle de DroneShield et la dégringolade de son action. Alors que l’entreprise australienne vient de décrocher une intégration stratégique chez le géant américain Parsons et un contrat pour la Coupe du monde de football, le titre continue de plonger. Mercredi, l’action a clôturé à 1,69 euro, soit un recul de près de 54 % par rapport à son sommet d’octobre dernier. Sur la seule semaine écoulée, la perte atteint 12 %.
Pourtant, les succès ne manquent pas. DroneShield a activé son nouveau réseau de défense aérienne à Kansas City, à l’occasion de la Coupe du monde 2026. Un contrat d’environ 25 millions de dollars australiens qui vient s’ajouter à un premier trimestre déjà solide : le chiffre d’affaires a bondi à 74,1 millions de dollars australiens. La filière de projets atteint désormais 2,2 milliards de dollars, et l’entreprise affiche une trésorerie nette sans endettement.
Un partenariat technologique majeur
Au-delà des commandes fermes, DroneShield a reçu une reconnaissance technique de poids. Le groupe américain Parsons a intégré un capteur de guerre électronique de l’australien dans son système de lutte anti-drones DroneArmor. Cette plateforme combine infrarouge, radar et moyens de neutralisation, le tout orchestré par une intelligence artificielle. Pour DroneShield, c’est la preuve que ses équipements peuvent s’insérer dans des architectures multi-fournisseurs, un atout commercial indéniable.
Reste que le marché n’a pas applaudi. Aucun montant financier n’a été dévoilé pour cette collaboration, ce qui laisse les investisseurs sur leur faim. En parallèle, la concurrence s’intensifie : Rohde & Schwarz a présenté sur le salon ILA Berlin son propre système THORIS, associant radar, capteurs et laser.
L’ombre de l’enquête et des vendeurs à découvert
La baisse du titre ne s’explique pas uniquement par une déception sur les annonces commerciales. L’Australian Securities and Investments Commission (ASIC) enquête sur des communications et des opérations sur actions remontant à novembre 2025. DroneShield assure coopérer pleinement, mais l’incertitude réglementaire attire les spéculateurs. Conséquence : l’action figure de nouveau parmi les dix plus shortées de la Bourse australienne, avec un taux de ventes à découvert de 11,4 %. Pour couronner le tout, Citigroup s’est retiré du capital début juin.
Les investisseurs attendent des chiffres concrets
Dans ce contexte, tous les regards se tournent vers le 26 août, date de publication des résultats semestriels. Le management a promis un chiffre d’affaires annuel d’environ 155 millions de dollars australiens. Reste à savoir si cette prévision se traduira en commandes fermes. Un indicateur technique ne trompe pas : le RSI s’établit à 31,5, signalant une zone presque survendue. Mais pour sortir de la tendance baissière, il faudrait que le titre repasse au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours, actuellement à 2,08 euros. Un seuil qui semble encore lointain.
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