Eutelsat a déposé vendredi son document d’enregistrement universel pour l’exercice 2025-26 auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le document, qui comprend le rapport financier annuel ainsi que les rapports des commissaires aux comptes, chiffre à 1 197 millions d’euros le chiffre d’affaires des activités opérationnelles du groupe. La marge d’EBITDA ajustée ressort pour sa part à 51,2 %.
La publication n’a pourtant pas suffi à animer le titre. L’action a cédé 2,1 % vendredi, dans un marché parisien globalement morose, sans qu’aucun événement d’entreprise précis ne soit identifié comme le déclencheur de ce repli, selon les milieux de marché cités par les médias.
Le segment LEO, véritable moteur de croissance
C’est du côté des constellations en orbite basse que la dynamique se révèle la plus spectaculaire. Le chiffre d’affaires des activités LEO (Low Earth Orbit) s’est établi à 297 millions d’euros, en progression de près de 70 %. Un bond qui contraste avec la morosité boursière du jour et qui illustre le basculement progressif du modèle économique du groupe vers les services à faible latence.
Les analystes, eux, affichent des positions divergentes sur la trajectoire future. Goldman Sachs a ramené son objectif de cours de 5,22 à 1,60 euro, tout en maintenant sa recommandation à « Neutre ». Le bureau d’analyse juge trop ambitieux les objectifs de croissance affichés par le groupe pour les exercices 2027 à 2029. À l’inverse, AlphaValue a réitéré mardi son conseil d’achat, en se montrant toutefois plus prudent sur le calendrier d’une amélioration de la marge d’EBITDA.
Deux accords commerciaux coup sur coup
Sur le front opérationnel, Eutelsat a élargi mardi son accord de capacité avec son partenaire allemand EuroSkyPark. Le satellite EUTELSAT 10B doit désormais assurer la connectivité des postes de transformation terrestres d’Amprion, mais aussi de ses infrastructures offshore en mer du Nord — l’accord couvrant donc à la fois les installations à terre et en mer.
La veille, mercredi, ClearSpace avait signé une lettre d’intention avec l’opérateur franco-britannique. Objectif : étudier une prolongation de la durée d’exploitation d’un satellite géostationnaire, pour une durée pouvant atteindre dix années supplémentaires. Le cadre convenu englobe également de futures prestations commerciales de prolongation de vie des satellites.
Le dossier ukrainien se détend, la concurrence reprend ses droits
Le contexte géopolitique qui avait brièvement soutenu les valeurs satellitaires européennes s’est quelque peu normalisé. L’Ukraine a indiqué jeudi, selon Reuters, que Starlink et Starshield avaient retrouvé leurs débits antérieurs aux restrictions imposées. Ces perturbations avaient alimenté l’intérêt des investisseurs pour les alternatives européennes.
L’agence de presse souligne néanmoins les obstacles techniques : remplacer Starlink ou Starshield exigerait le déploiement de nombreux nouveaux terminaux utilisateurs, et l’architecture du réseau OneWeb diffère de celle des systèmes concurrents. Aucune solution européenne de substitution immédiatement disponible pour l’Ukraine n’existait, précise Reuters.
Prochain rendez-vous confirmé pour les investisseurs : le 29 octobre, date à laquelle Eutelsat publiera ses revenus du premier trimestre de l’exercice 2026-27.
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