La marque horlogère Zenith, propriété de LVMH, a engagé des discussions avec ses salariés sur un repositionnement vers une horlogerie plus haut de gamme. Ce projet pourrait se traduire par des suppressions de postes, sans que rien ne soit encore tranché. Pour les investisseurs, l’enjeu réside d’abord dans la démarche stratégique : l’ampleur finale des coupes reste en suspens.
Le site du Locle en première ligne
Jusqu’à 100 emplois seraient concernés sur le site du Locle, en Suisse. À l’international, une centaine d’autres positions seraient également en jeu. Les échanges avec le personnel portent donc à la fois sur la manufacture helvétique et sur l’organisation internationale de la marque.
Le caractère provisoire du projet est déterminant. L’ouverture des consultations ne vaut pas décision actée : Zenith précise que les arbitrages ne pourront intervenir qu’une fois la consultation des salariés achevée, le 12 novembre. Cette échéance conditionne la suite, sans constituer une confirmation des suppressions ni une date de mise en œuvre annoncée. De même, la montée en gamme visée relève d’une intention, non d’une transformation déjà réalisée. Y voir une restructuration aboutie serait prématuré.
Deux niveaux doivent être distingués : la positionnement recherché par la marque et ses éventuelles conséquences sociales. Le nombre de postes potentiellement affectés donne un ordre de grandeur, pas le résultat définitif.
Un groupe à plusieurs vitesses
Ce projet intervient dans un contexte de croissance hétérogène chez LVMH. Le 12 octobre, le groupe a publié pour le troisième trimestre 2026 un chiffre d’affaires de 18 504 millions d’euros, avec une progression organique de 1 %. La mode et la maroquinerie ont en revanche reculé de 5 % en organique sur la même période.
Sur les neuf premiers mois de 2026, les ventes du groupe ont atteint 57,1 milliards d’euros, soit un repli de 2 % en données publiées. En organique, la tendance s’inverse et affiche une hausse de 2 %. L’écart entre ces deux lectures mérite attention : elles décrivent des perspectives différentes sur l’activité.
LVMH a invoqué un environnement moins dynamique en Chine, tout en enregistrant une bonne croissance aux États-Unis, en Europe et au Japon. Impossible, dès lors, de traiter toutes les régions de la même manière, ni de lire l’évolution de la mode et de la maroquinerie comme le reflet de la situation de Zenith.
La question centrale pour les actionnaires demeure la mise en œuvre de la stratégie proposée. Le groupe progresse légèrement en organique tandis que certains métiers subissent des pressions. Les consultations engagées constituent une étape concrète, mais pas encore un résultat confirmé.
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