Chez LVMH, l’actualité judiciaire et les ajustements internes avancent de front. Selon les informations publiées jeudi par Le Monde, les enquêteurs français se penchent sur le rôle éventuel du groupe dans une affaire de détournement présumé d’actions Hermès. Le juge en charge du dossier envisagerait de convoquer Bernard Arnault — une démarche à ne pas confondre avec une audition déjà réalisée. Le groupe dirigé par la famille Arnault a refusé de commenter une procédure en cours et rejette toute implication dans une fraude.
Au cœur du dossier figurent des titres détenus par Nicolas Puech, héritier de la maison Hermès. La distinction est essentielle : le quotidien du soir décrit l’examen d’un rôle potentiel du groupe, non une décision de justice établissant sa responsabilité. Les accusations méritent l’attention, sans pour autant être tenues pour des faits établis. À l’inverse, le démenti de LVMH ne clôt pas l’instruction, et la convocation annoncée ne permet en rien d’en anticiper l’issue.
Un fauteuil créatif chez Louis Vuitton
Sur un tout autre registre, le groupe a annoncé mercredi une nomination au sein de sa principale maison. Hector Muelas a été nommé Chief Brand Creative Officer de Louis Vuitton, avec effet au dimanche précédent. Sa mission couvre les campagnes de la marque, leur déclinaison créative ainsi que la production de contenus, sous l’autorité de Damien Bertrand, directeur général adjoint. L’information, rapportée par les médias, a été rendue publique le 23 octobre.
Cette décision relève de l’image et de la narration de marque. Elle constitue un choix opérationnel, mais ne prouve en rien une amélioration de la performance commerciale. Pour les investisseurs, la nouvelle organisation créative et la procédure judiciaire restent deux dossiers distincts, évalués selon des critères qui n’ont rien de commun.
Zenith : consultation ouverte, décision suspendue
Du côté de l’horlogerie, la maison Zenith prépare un repositionnement vers le très haut de gamme, assorti de possibles coupes claires. D’après Reuters, la filiale de LVMH a engagé le 23 octobre une consultation des salariés sur cette stratégie. Jusqu’à 100 postes seraient concernés sur le site du Locle, auxquels s’ajouteraient environ 100 fonctions internationales.
Le calendrier mérite d’être souligné : aucune décision ne pourra être prise avant la fin de la consultation, fixée au 12 novembre. Les réductions d’effectifs demeurent donc une simple proposition, nullement actée. Le dossier horloger ne se limite pas à la communication et à l’image de marque ; il touche aussi à l’emploi, avec les précautions que cela impose.
Un troisième trimestre en demi-teinte
Les comptes déjà publiés offrent un arrière-plan contrasté. Au troisième trimestre 2026, le chiffre d’affaires de la mode et de la maroquinerie a reculé de 5% en organique. L’horlogerie et la joaillerie ont en revanche progressé de 6% sur la même base. La dynamique de l’ensemble du pôle ne permet toutefois pas d’en déduire quoi que ce soit pour Zenith en particulier.
Il en ressort un tableau nuancé : Louis Vuitton réorganise sa gouvernance créative, Zenith négocie une montée en gamme susceptible de passer par des suppressions de postes, et l’enquête menée chez LVMH suit son cours, indépendamment de ces deux chantiers. Ces annonces dessinent des orientations ; elles ne constituent pas encore la preuve de leur réussite économique.
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