Les portes des ateliers LVMH se sont ouvertes au public le 20 octobre à l’occasion des Journées Particulières, et l’affluence a été au rendez-vous. Le groupe a salué des « rencontres nombreuses » et des échanges nourris avec un public enthousiaste, mettant en avant le savoir-faire de ses maisons. Un succès d’estime qui contraste avec un tableau opérationnel plus nuancé, où la dynamique commerciale reste inégale.
Car l’engouement pour l’artisanat ne dit rien, à lui seul, de la propension des clients à passer en caisse. Les chiffres publiés le 12 octobre pour le troisième trimestre 2026 le rappellent : LVMH a dégagé un chiffre d’affaires de 18,504 milliards d’euros sur la période, pour une croissance organique de 1 %. La mode et la maroquinerie, en revanche, ont reculé de 5 % en organique. Sur les neuf premiers mois de l’exercice 2026, le groupe affiche 57,1 milliards d’euros de ventes, soit une progression organique de 2 %.
Un écart qui appelle de la prudence
Cette dissymétrie interne est essentielle pour lire la trajectoire du groupe. Une croissance consolidée positive ne signifie pas que l’ensemble des métiers se redressent : la faiblesse du pôle mode et maroquinerie limite la portée du signal global. À cela s’ajoute le dossier chinois. LVMH a pointé une demande plus molle en Chine, quand les États-Unis, l’Europe et le Japon affichent de belles performances. Ces marchés constituent un contrepoids, pas une solution à la fragilité chinoise.
Le marché a d’ailleurs réagi. Reuters rapportait il y a une quinzaine de jours que quatre analystes avaient abaissé leurs objectifs de cours sur LVMH, en moyenne de 9 %, après la publication des résultats du pôle mode et maroquinerie. Le lien était établi avec le fléchissement de la demande des consommateurs chinois pour Louis Vuitton.
Zenith : recentrage à l’étude, pas encore décision
Sur le front industriel, une autre actualité a retenu l’attention. Reuters a rapporté vendredi qu’une consultation du personnel était engagée chez Zenith, la marque horlogère du groupe, autour d’une réorientation stratégique. L’idée : privilégier des montres plus rentables sur le haut de gamme. Le projet pourrait se traduire par des suppressions de postes, sans qu’un périmètre définitif soit arrêté à ce stade.
Les ordres de grandeur évoqués par Reuters portent sur jusqu’à 100 emplois au site du Locle et environ 100 postes à l’international. Il s’agit de conséquences potentielles du plan proposé, et non de coupes déjà actées. La consultation en cours se distingue d’une mise en œuvre effective : aucun gain financier ne peut être considéré comme acquis.
Il convient également de mesurer la portée de l’information. Le plan concerne Zenith, et non un plan social à l’échelle du groupe. La nouvelle éclaire donc les arbitrages d’une filiale, sans préjuger d’une mesure similaire ailleurs dans le conglomerate.
Deux questions distinctes pour les investisseurs
Les chiffres du 12 octobre et la démarche chez Zenith répondent à des interrogations différentes. Le chiffre d’affaires consolidé décrit la marche générale des affaires ; la réorientation proposée porte sur le positionnement produit d’une seule marque. Aucun lien financier immédiat ne saute aux yeux entre les deux.
La distinction à garder en tête est celle de l’intention stratégique face au résultat confirmé. Le recentrage vers une horlogerie haut de gamme plus rentable reste une proposition : ni les suppressions de postes ni les améliorations financières ne sont aujourd’hui réalisées ou garanties. De même, l’attrait exercé par les maisons lors des Journées Particulières ne constitue pas une preuve de reprise des ventes. Un redressement solide devra se lire dans le commerce, en particulier là où LVMH a enregistré des reculs.
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