La séance boursière a souri au géant du luxe. Portée par un vent favorable sur l’ensemble du secteur, l’action LVMH a terminé en hausse de 3,4%, effaçant une partie des doutes nés de la publication trimestrielle du groupe. Un rebond d’autant plus notable qu’il intervient au lendemain d’une dégradation des perspectives par plusieurs bureaux d’analyse.
Cucinelli et la douane chinoise en soutien
Deux catalyseurs distincts expliquent ce mouvement. D’abord, Brunello Cucinelli a dévoilé pour les neuf premiers mois de 2026 une progression de son chiffre d’affaires de 13,3% à devises constantes, tout en relevant son objectif annuel à environ 12% de croissance sur la même base. La performance de la maison italienne a redonné de l’élan à l’ensemble des valeurs du luxe.
En parallèle, les chiffres du commerce extérieur chinois ont surpris agréablement : les importations de septembre ont bondi de 31% sur un an, établissant un nouveau record. Selon plusieurs médias, ce chiffre a apaisé les craintes liées à la demande chinoise, tandis que la détente des rendements obligataires américains — rapportée par Dow Jones — offrait un appui supplémentaire aux valeurs de consommation.
Reste que ces éléments relèvent de l’environnement de marché. Ils ne disent rien de la dynamique propre à LVMH.
Un troisième trimestre à deux vitesses
Les comptes publiés mardi dessinent en effet un tableau contrasté. Le chiffre d’affaires organique du groupe a progressé de 1% sur le trimestre. Mais la division mode et maroquinerie — le poumon historique du groupe — a reculé de 5% à périmètre et devises comparables.
La géographie n’offre pas de lecture plus homogène. LVMH décrit une Chine moins dynamique, quand les États-Unis, l’Europe et le Japon affichent une bonne croissance. Quant aux métiers, ils divergent nettement : l’horlogerie-joaillerie a crû de 6%, tirée selon les médias par la demande de bijoux, avec Tiffany et Bulgari en première ligne, et la distribution sélective a enregistré une hausse de 8%.
Cette hétérogénéité explique la prudence des analystes. Reuters rapportait mardi que cinq d’entre eux avaient abaissé leur objectif de cours sur le titre, de 7% en moyenne, invoquant la faiblesse des ventes de mode et de maroquinerie ainsi que le ralentissement de la demande chinoise.
Berenberg maintient sa réserve
La maison Berenberg a confirmé la veille sa recommandation « conserver », avec un objectif de 420 euros. Son analyste Nick Anderson s’appuie sur un échange avec un cadre dirigeant d’un grand magasin chinois, qui aurait fait état d’un démarrage poussif du luxe en Chine au quatrième trimestre. Il en tire une vision structurellement pessimiste du secteur, sans exclure pour autant un rallye de court terme inscrit dans une tendance baissière plus large. Cours en hausse et jugement prudent sur l’activité ne sont donc pas contradictoires.
Pour l’investisseur, la distinction est essentielle : l’embellie boursière traduit une amélioration du sentiment sectoriel, pas une reprise avérée des ventes de LVMH. Le redressement du prêt-à-porter et de la demande chinoise demeure la condition d’une confiance plus solide.
Les Journées Particulières s’ouvrent au public
En marge des marchés, LVMH ouvre à partir d’aujourd’hui environ 70 sites du groupe à travers le monde, pour trois jours, dans le cadre des « Journées Particulières ». Selon Le Parisien, l’opération se poursuivra jusqu’au 18 octobre 2026. Un rendez-vous d’image qui, lui non plus, ne dit rien des ventes.
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