Le duel des pilules minceur tourne à l’avantage écrasant de Novo Nordisk. Alors que la concurrence américaine peinait à décoller, les premières données de prescription confirment une domination sans partage. Wegovy a enregistré plus de 18.400 ordonnances dès sa deuxième semaine de commercialisation, contre à peine 3.700 pour Foundayo, le candidat d’Eli Lilly. Un écart qui ne doit rien au hasard.
Les analystes de Jefferies, qui ont passé au crible les données IQVIA, soulignent plusieurs facteurs. D’abord, l’efficacité : dans les études cliniques, les patients sous Wegovy ont perdu 3,2 points de pourcentage de poids supplémentaires par rapport à ceux traités par Foundayo. Ensuite, la tolérance : le risque de troubles gastro-intestinaux est 14 fois plus élevé avec le produit d’Eli Lilly, ce qui pousse de nombreux patients à interrompre leur traitement. Sans oublier les interactions médicamenteuses gênantes — la pilule concurrente interfère avec les contraceptifs oraux et les statines.
La Chine, un bouclier temporaire
Pendant que la bataille des pilules fait rage en Occident, Novo Nordisk peut compter sur un rempart inattendu : la Chine. Le brevet principal du sémaglutide a expiré le 20 mars 2026, mais aucun génériqueur chinois n’a encore obtenu d’autorisation de mise sur le marché. Onze fabricants, dont Jiuyuan Genetic Biopharmaceutical et Zhuhai United Laboratories, ont déposé des demandes auprès de la NMPA. En vain jusqu’ici.
Des clauses de protection réglementaire pourraient repousser l’échéance de 13 mois supplémentaires, soit jusqu’en 2027. Un répit précieux pour le groupe danois, qui a généré en 2025 environ un milliard de dollars de revenus en Chine avec ses trois produits à base de sémaglutide — Wegovy, Ozempic et Rybelsus. Un pactole que la direction entend préserver le plus longtemps possible.
Pression sur les marges et nouveau relais de croissance
Mais en Europe et aux États-Unis, le ciel s’assombrit. Le programme « TrumpRx », qui associe Amazon à la distribution directe de médicaments GLP-1 via la télémédecine, menace de court-circuiter les canaux traditionnels. Si ces plateformes gagnent des parts de marché significatives, les marges des laboratoires pourraient en pâtir sérieusement.
Pour compenser, Novo Nordisk mise sur un nouveau segment : les adolescents. L’étude PIONEER-TEENS a démontré une baisse significative de la glycémie chez les jeunes patients atteints de diabète de type 2 après 26 semaines de traitement au sémaglutide. Le groupe prépare une demande d’extension d’indication pour Ozempic et Rybelsus aux États-Unis et en Europe, qu’il compte déposer au second semestre. Un marché potentiel colossal : d’ici 2030, près de 21 millions d’adolescents pourraient souffrir de diabète de type 2 dans le monde.
Le rendez-vous du 6 mai
En attendant, le titre reste sous pression. Depuis janvier, l’action a perdu 21 % de sa valeur, plombée par les craintes d’un recul des ventes. Elle a toutefois repris 14 % le mois dernier pour s’établir à 35,17 euros, portée par le démarrage fulgurant de la pilule Wegovy. Le RSI, à 26, signale un territoire technique survendu — un indice qui pourrait attirer les chasseurs d’opportunités.
Le 6 mai à 7h30, Novo Nordisk dévoilera ses résultats du premier trimestre. Les investisseurs guetteront un signal : les ventes des nouvelles pilules doivent compenser l’essoufflement des injections. Le groupe a aussi lancé un programme de rachat d’actions pouvant atteindre 3,8 milliards de couronnes danoises d’ici mai 2026, détenant déjà 0,7 % de son capital. Un filet de sécurité qui pourrait soutenir le cours en attendant que le marché digère les défis à venir.
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