Alors que les analystes abaissent leurs objectifs de cours, la direction de Novo Nordisk déploie des milliards pour racheter ses propres titres. Cette divergence de vues illustre la période délicate que traverse le géant danois du diabète et de l’obésité, confronté à une concurrence féroce et à des défis commerciaux immédiats.
L’établissement financier BMO Capital a récemment révisé à la baisse sa cible pour l’action, la faisant passer de 45 à 36 dollars américains. L’analyste Evan Seigerman maintient une recommandation « Market Perform », exprimant des doutes sur les performances commerciales de la pilule Wegovy. Ses estimations pour le premier trimestre 2026 tablent sur environ 721 000 prescriptions, générant un chiffre d’affaires attendu de seulement 136 millions de dollars. Ce chiffre est inférieur d’environ 12% au consensus du marché, qui s’établissait à l’équivalent de 1,001 milliard de couronnes danoises.
Le problème réside dans la structure des dosages. Près des deux tiers des prescriptions, soit environ 450 000, concernent la dose d’initiation à 1,5 mg. Commercialisée à un prix mensuel de 149 dollars en vente directe, cette option est peu rentable. La rentabilité du produit dépend de la capacité de Novo Nordisk à faire migrer les patients vers des dosages supérieurs et plus chers, une transition qui se fait attendre.
Face à ce scepticisme, la société riposte par un programme massif de rachat d’actions. Depuis le 4 février 2026, elle a acquis environ 11 millions d’actions de catégorie B à un prix moyen de 257,56 couronnes. Le volume total de ces transactions atteint près de 2,84 milliards de couronnes. Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large de 15 milliards de couronnes sur douze mois, dont une tranche actuelle de 3,8 milliards qui court jusqu’au 4 mai prochain. Ces achats portent désormais le portefeuille d’actions propres de l’entreprise à environ 28,4 millions de titres, représentant 0,6% du capital.
Cette confiance affichée par la direction contraste avec la réalité boursière. Le titre évolue actuellement à un niveau inférieur de 27% à son cours de début d’année et se situe à environ 45% de son plus haut sur 52 semaines. L’indicateur RSI, à peine au-dessus de 20, signale une condition de survente prononcée.
Les défis sous-jacents sont structurels. Pour l’exercice 2026, Novo Nordisk anticipe, à taux de change constants, un recul du chiffre d’affaires et du résultat opérationnel ajusté compris entre 5% et 13%. Cette prévision est toutefois soutenue par un effet exceptionnel positif de 4,2 milliards de dollars lié à la reprise de remises américaines. Sans cet élément, la tendance serait clairement négative.
La pression sur les prix s’accentue, notamment aux États-Unis avec des remises nettes plus importantes, des réductions des remboursements Medicaid pour les traitements contre l’obésité et l’accord tarifaire « Most Favored Nations ». Parallèlement, les dépenses en recherche et développement continuent de peser sur les marges. Les résultats du premier trimestre, attendus en mai, seront scrutés par les investisseurs. UBS y voit le premier vrai test de la rentabilité aux nouveaux niveaux de prix plus bas pour les thérapies GLP-1.
Malgré ce contexte difficile, l’innovation se poursuit. Aux États-Unis, les formulations à plus forte dose pour la perte de poids sont désormais largement disponibles. Sur le front du pipeline, l’étude de phase 3 EVOKE évalue l’efficacité du sémaglutide oral dans le traitement de la maladie d’Alzheimer à un stade précoce, une tentative de diversification au-delà des marchés historiques. Le chemin vers un rebond durable dépendra de la capacité de l’entreprise à naviguer dans un environnement concurrentiel de plus en plus agressif.
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