Le laboratoire danois retient son souffle. Alors que son action reste engluée près de 50 % sous ses sommets de juin 2025, Novo Nordisk a verrouillé les données de l’étude clinique qui pourrait redessiner les équilibres du marché des traitements du diabète. L’essai NCT06221969, qui oppose directement son candidat CagriSema 2,4 mg au Tirzepatide 15 mg d’Eli Lilly chez des patients sous metformine, est désormais clos. Les résultats détaillés n’attendent plus que leur publication.
L’enjeu est colossal. CagriSema, combinaison de cagrilintide et de sémaglutide administrée en injection hebdomadaire, n’a pas encore reçu d’autorisation de mise sur le marché. Tirzepatide, lui, est déjà commercialisé dans plusieurs pays. Si le produit danois s’avère supérieur ou même équivalent, Novo Nordisk renforce son pouvoir de fixation des prix dans le segment métabolique. Dans le cas contraire, Eli Lilly creuse encore l’écart.
Un parcours clinique en demi-teinte
Le chemin vers ce verdict n’a pas été sans embûches. En février 2026, l’étude REDEFINE-4 avait déçu : CagriSema n’avait pas démontré sa non-infériorité face au Tirzepatide sur la perte de poids après 84 semaines. Un revers franc. En revanche, chez les patients non diabétiques, les performances sont au rendez-vous. Dans l’essai REDEFINE-1, les participants en surpoids ont perdu en moyenne 22,7 % de leur poids en 68 semaines. La FDA examine actuellement la demande d’autorisation, avec une décision attendue d’ici la fin 2026. Les données complémentaires de l’étude REDEFINE-11, qui explore le potentiel maximal de réduction pondérale, ne seront pas connues avant le premier semestre 2027.
La Bourse sous perfusion technique
Le cours de Bourse raconte l’histoire d’une confiance ébranlée. À 35,16 euros, l’action Novo Nordisk accuse un repli d’environ 21 % depuis le 1er janvier. Le 52-week high de 70,13 euros, touché en juin 2025, semble appartenir à un autre âge. Pourtant, le titre a repris près de 15 % depuis son point bas annuel de 30,48 euros. Le RSI, qui oscillait à 17,8 il y a quelques jours, est remonté à 25,7 — un territoire toujours considéré comme survendu, mais qui témoigne d’un léger regain d’intérêt acheteur.
La pression des comptes et de la concurrence
Les bonnes nouvelles venues des laboratoires peinent à masquer la dégradation des perspectives financières. En février, Novo Nordisk a émis un avertissement sur résultats, prévoyant pour 2026 la première baisse de son chiffre d’affaires en neuf ans. Le repli attendu se situe entre 5 et 13 % pour les ventes comme pour le résultat opérationnel, à taux de change constants. Un coup de frein brutal après une croissance de 10 % en 2025. L’action avait alors chuté de plus de 5 % en une séance.
Le contexte concurrentiel n’arrange rien. Eli Lilly a récemment obtenu l’approbation de la FDA pour « Foundayo », une gélule orale quotidienne contre l’obésité — le deuxième médicament GLP-1 oral sur le marché. Son prix pour les patients non remboursés, compris entre 149 et 349 dollars par mois, met la pression sur la stratégie tarifaire de Novo Nordisk. Sans oublier Viking Therapeutics, dont l’agoniste double VK2735 entre en phase 3 et affiche des résultats prometteurs. Le marché des médicaments anti-obésité, estimé à 26 milliards de dollars en 2025, pourrait atteindre 133 milliards en 2031. Mais le gâteau attire de plus en plus de convives.
Des motifs d’espoir malgré tout
Novo Nordisk peut toutefois s’appuyer sur une avancée récente. Le 24 avril, le groupe a annoncé que le sémaglutide oral réduisait de 0,83 point de pourcentage le taux d’HbA1c chez les adolescents atteints de diabète de type 2 après 26 semaines, par rapport au placebo. C’est la première démonstration clinique d’une thérapie GLP-1 orale dans cette tranche d’âge. Aux États-Unis, environ 364 000 personnes de moins de 20 ans vivent avec le diabète — un marché potentiel considérable. Les demandes d’autorisation aux États-Unis et en Europe sont prévues pour le second semestre 2026.
En parallèle, Novo Nordisk poursuit son programme de rachat d’actions, doté de 15 milliards de couronnes danoises sur douze mois à compter de février 2026. À la mi-avril, le groupe avait déjà acquis environ 12,3 millions d’actions B pour un montant de 3,1 milliards de couronnes.
L’agenda qui compte
Les prochaines semaines s’annoncent décisives. Le 30 avril, Eli Lilly publiera ses résultats trimestriels — un événement susceptible d’ébranler tout le secteur GLP-1. Novo Nordisk, de son côté, prépare les dépôts réglementaires pour le sémaglutide oral en dosage 7,2 mg et pour CagriSema. La publication des données du comparatif direct contre Tirzepatide constituera le catalyseur majeur du second semestre 2026. Si CagriSema tient ses promesses, le laboratoire danois peut espérer sortir de l’ornière. Sinon, la pression sur une pipeline censée le tirer d’une longue correction n’en sera que plus forte.
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