Le géant danois de la pharmacie Novo Nordisk navigue dans des eaux contrastées. Alors que son action chute à 33,59 euros, en repli de plus de 25% depuis janvier et à plus de 52% de son plus haut sur un an, l’entreprise affronte des vents contraires opérationnels tout en dévoilant des avancées cliniques prometteuses. Le RSI à 24,6 confirme une situation de survente prononcée sur les marchés.
Cette pression boursière reflète les avertissements de la direction. Pour 2026, le management anticipe un recul, à taux de change constants, pouvant atteindre 13% tant du chiffre d’affaires que du bénéfice opérationnel. Le PDG Mike Doustdar a lui-même qualifié cette année d’« année du prix de pression », pointant la concurrence des génériques et l’expiration de brevets clés sur le sémaglutide dans des marchés comme le Canada et la Chine.
Dans ce contexte, l’annonce de résultats positifs pour l’étavopivat arrive à point nommé. Ce traitement oral a atteint ses deux critères d’évaluation principaux dans l’étude de phase 3 HIBISCUS, menée auprès de 385 patients. Il a réduit de 27% le taux annuel de crises vaso-occlusives par rapport à un placebo et a presque doublé le délai avant la première crise, le portant à 38,4 semaines. Près de 49% des patients sous traitement ont vu leur hémoglobine augmenter de plus de 1 g/dL après 24 semaines, contre seulement 7,2% dans le groupe témoin.
Novo Nordisk prévoit de soumettre une première demande d’autorisation de mise sur le marché dans la seconde moitié de 2026. Le médicament, issu du rachat de Forma Therapeutics pour 1,1 milliard de dollars en 2022, bénéficie déjà de désignations « Fast Track » et « médicament orphelin » aux États-Unis et en Europe. Il cible un mécanisme d’action inédit via l’activation de la pyruvate kinase-R et vise un marché concentré d’environ 210 000 patients en Amérique du Nord et en Europe, sur les 8 millions de personnes touchées dans le monde.
Cette percée thérapeutique pourrait offrir un nouveau pilier en hématologie, face à la concurrence d’Agios Pharmaceuticals et après l’échec de Pfizer qui a retiré l’Oxbryta en 2024. Elle s’inscrit dans une stratégie de diversification qui passe aussi par le numérique. Le groupe a noué un partenariat avec OpenAI pour accélérer la découverte de médicaments, avec pour objectif une intégration complète des systèmes d’ici fin 2026.
Parallèlement, l’entreprise mène une intense activité de lobbying aux États-Unis, où elle a investi 1,3 million de dollars au premier trimestre 2026 pour défendre ses intérêts, notamment sur le remboursement des traitements contre l’obésité. En interne, la restructuration se poursuit. Après une réduction d’environ 10% des effectifs l’an dernier, environ 2 000 nouveaux employés sont attendus en 2026, une croissance compensée par le turnover naturel.
La direction maintient par ailleurs fermement sa politique de rendement aux actionnaires. Un programme de rachat d’actions d’une tranche de 3,8 milliards de couronnes danoises est en cours jusqu’à début mai, s’inscrivant dans un plan plus vaste de plusieurs milliards. Les prochains résultats trimestriels, attendus en mai, devront démontrer la capacité du groupe à contenir l’érosion de ses marges tout en préparant l’avenir.
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