Le géant danois Novo Nordisk affiche un visage contrasté. D’un côté, une avancée clinique majeure dans le traitement d’une maladie rare. De l’autre, une action qui peine à décoller, plombée par les craintes sur son cœur de métier. Cette dualité résume le défi actuel du laboratoire.
La société a annoncé des résultats positifs de phase 3 pour l’etavopivat, un traitement oral contre la drépanocytose. L’essai HIBISCUS, mené sur 385 patients âgés d’au moins douze ans, a atteint ses deux critères d’évaluation principaux. Le médicament a réduit de 27% le taux annuel de crises vaso-occlusives par rapport à un placebo. L’effet sur l’hémoglobine est encore plus marquant : près de 49% des patients sous traitement ont vu leur taux augmenter de plus de 1 g/dL après 24 semaines, contre seulement 7% dans le groupe témoin. Le profil de sécurité est resté conforme aux données antérieures.
Cette percée dans les maladies rares, un marché mondial touchant environ huit millions de personnes, est stratégique. Elle incarne la volonté de Novo Nordisk de diversifier ses revenus au-delà des traitements pour le diabète et l’obésité, où la concurrence s’intensifie. L’etavopivat est le premier produit issu de l’acquisition de Forma Therapeutics pour 1,1 milliard de dollars en 2022. Le groupe prévoit de déposer ses dossiers d’homologation au second semestre 2026. Le médicament bénéficie déjà des statuts Fast Track, Orphan Drug et Rare Pediatric Disease aux États-Unis.
Pourtant, cette bonne nouvelle n’a pas suffi à redresser le cours de l’action. La valeur cotait récemment à 34,56 euros, en repli de près d’un quart depuis le début de l’année. Elle se situe à environ 51% de son plus haut sur un an, atteint en juin 2025. Son indicateur technique RSI, à 24,6, signale un territoire survendu.
La pression sur le segment phare des agonistes du GLP-1 explique cette défiance. Aux États-Unis, la version en comprimés de Wegovy représente désormais 29% de toutes les prescriptions de ce médicament, captant environ 3 071 ordonnances sur une semaine de référence. Cette tendance vers l’oralité s’accompagne de l’arrivée de nouveaux concurrents, comme le Foundayo d’Eli Lilly, qui a enregistré 1 390 prescriptions sur la même période.
Face à cette volatilité, la direction poursuit son programme de rachat d’actions. Dans le cadre d’un plan de 15 milliards de couronnes danoises (DKK), l’entreprise a acquis environ 12,3 millions de ses propres actions B depuis février, pour une contre-valeur d’environ 3,15 milliards DKK. Ces rachats portent le total d’actions détenues en auto-contrôle à 0,7% du capital.
Le chemin vers une revalorisation boursière semble tracé. Il passera par la concrétisation du calendrier réglementaire pour l’etavopivat en 2026 et par la capacité de Wegovy à maintenir son leadership dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Le succès dans la drépanocytose pourrait, à l’horizon 2027, constituer un véritable second pilier de croissance et atténuer la dépendance actuelle au marché des GLP-1.
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