À quelques heures de la publication des résultats trimestriels, Nvidia cristallise des paris opposés d’une ampleur inédite. D’un côté, quatre grandes banques relèvent leurs objectifs de cours dans la foulée des promesses de Blackwell et Rubin. De l’autre, un hedge fund dirigé par un ancien d’OpenAI accumule plus de 1,5 milliard de dollars d’options de vente sur le titre. Un contraste qui promet une soirée volatile le 20 mai.
Un short de 1,5 milliard qui défie le consensus
Le fonds Situational Awareness LP, créé par Leopold Aschenbrenner, a déclaré dans son dernier formulaire 13F des puts sur Nvidia pour un montant supérieur à 1,5 milliard de dollars. Il détient en outre une position baissière de plus de 2 milliards sur l’ETF VanEck Semiconductor. Cette concentration est d’autant plus surprenante qu’au premier trimestre, la majorité des hedge funds ont plutôt accru ou initié des positions longues sur le concepteur de puces.
L’équipe de Morgan Stanley, qui maintient sa recommandation « surpondérer », vient de porter son objectif à 285 dollars. Elle voit dans le segment data center un potentiel de 884 milliards de dollars de chiffre d’affaires cumulé sur les deux prochains exercices, bien au‑delà du consensus de marché (785 milliards). KeyBanc Capital Markets et DA Davidson placent la barre encore plus haut, à 300 dollars. KeyBanc anticipe des livraisons de Blackwell de 150 000 à 200 000 unités par trimestre, générant entre 5 et 7 milliards de dollars de revenus supplémentaires dès le prochain trimestre. L’architecture Rubin, elle, devrait apporter ses premiers milliards (3 à 4 milliards) d’ici peu. TD Cowen et UBS relèvent également leurs cibles, respectivement à 275 dollars.
Le feu vert chinois, nouvel accélérateur
Un signal politique inattendu vient renforcer l’optimisme des analystes. L’administration américaine aurait autorisé Nvidia à exporter ses puces H200 vers dix entreprises chinoises, dont Alibaba, Tencent et ByteDance. Selon plusieurs bureaux d’études, ces licences pourraient doper le chiffre d’affaires de 3 à 5 % lors de l’exercice 2027. Un potentiel que le management n’intégrerait toutefois pas dans ses prévisions officielles, selon KeyBanc.
Le dirigeant de Nvidia, Jensen Huang, était à Pékin lors du sommet Trump‑Xi. Il y aurait discuté d’un plan d’investissement chinois dans l’IA de plus de 40 milliards de dollars pour 2026. Huang a par ailleurs réaffirmé qu’un embargo total sur les puces d’IA vers la Chine nuirait à la leadership américain dans les semi‑conducteurs.
Des attentes de résultats stratosphériques
Les chiffres du premier trimestre (exercice 2027) seront dévoilés ce mercredi après la clôture de Wall Street. Le consensus Bloomberg table sur un bénéfice par action ajusté de 1,77 dollar, tandis que d’autres analystes anticipent 1,78 dollar (contre 0,81 dollar un an plus tôt). Le chiffre d’affaires est attendu autour de 79 milliards de dollars, soit une progression de près de 79 % sur un an. La division data center contribuerait à hauteur d’environ 73 milliards, en hausse de 87 %, et la marge brute atteindrait 75 %.
L’exercice précédent avait déjà été marqué par un bond : 215,94 milliards de dollars de revenus (+65 %) et un bénéfice net de 120,07 milliards. Au dernier trimestre, Nvidia avait réalisé 68,13 milliards de dollars de chiffre d’affaires, dont 62,31 milliards dans le data center. Pour le trimestre en cours, la direction avait évoqué environ 78 milliards, un chiffre que certains jugent désormais prudent.
Le marché des options anticipe un mouvement du titre de 7,5 % à plus de 10 % après la publication, bien au‑delà des réactions récentes. L’action a clôturé à 190,72 euros lundi, en hausse de 18,39 % depuis le début de l’année et 15 % au‑dessus de sa moyenne mobile à 50 jours.
Un écosystème en pleine expansion
En parallèle, Nvidia élargit son réseau de partenaires. Une alliance capitalistique avec Marvell Technology doit intégrer des XPU propriétaires et des solutions réseau dans la plateforme NVLink Fusion. La production de Blackwell chez TSMC monte en puissance, tandis que les dépenses globales des grands fournisseurs de cloud dans l’IA pourraient atteindre 725 milliards de dollars, selon des estimations récentes.
Les licences H200 pour la Chine représentent un gisement potentiel de 13 à 14 milliards de dollars, mais KeyBanc exclut leur prise en compte dans les prévisions officielles du groupe. Ce point, ajouté aux incertitudes sur les capacités de production et la demande, fera partie des éléments scrutés par les investisseurs lors de la conférence téléphonique.
Le grand oral du 20 mai ne se jouera donc pas seulement sur un « beat » de bénéfice, mais sur la crédibilité des perspectives liées à Blackwell, Rubin et au marché chinois. Une guidance proche de 78 milliards sans l’effet H200 pourrait raviver les doutes, tandis qu’un signal fort sur les volumes de Blackwell justifierait les objectifs les plus ambitieux.
Publicité
Actions Nvidia: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Nvidia et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Nvidia entièrement gratuite : En savoir plus ici !

