L’action Nvidia a subi une glissade de plus de 5 % vendredi, clôturant aux alentours de 178 euros, alors même que le groupe dévoilait à la Computex de Taipei sa nouvelle plate‑forme « Vera Rubin » et son processeur « RTX Spark » destiné aux PC Windows. Le contraste entre les annonces et le mouvement du cours illustre une nervosité qui dépasse les seuls fondamentaux du spécialiste des puces IA.
Le déclencheur vient de l’extérieur. Le marché du travail américain a créé 172 000 emplois en mai, soit le double des prévisions, repoussant les espoirs de baisse des taux de la Fed. Les valeurs technologiques à forte croissance en ont pâti. Dans le même temps, Broadcom a déçu avec ses prévisions : le groupe n’attend qu’environ 16 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans les puces IA au troisième trimestre, loin des attentes des analystes.
La première ligne de défense technique se situe à 174,40 euros
Le repli a ramené le titre à moins de 2,1 % de sa moyenne mobile à 50 jours, qui sert de support immédiat à 174,40 euros. Si ce niveau tient, la correction pourrait s’arrêter là. En cas de cassure franche, le regard se tournerait vers la moyenne à 100 jours (165,70 euros), puis vers la moyenne à 200 jours (161,46 euros). L’écart avec cette dernière dépasse encore 10 %, laissant la tendance long terme hors de danger.
L’indice RSI s’établit à 45,2 points, neutre : ni survente ni signal d’achat. La volatilité annualisée à 30 jours atteint 43,58 %, confirmant que les grands écarts font partie du jeu.
L’offensive produit s’accélère
Sur le plan industriel, Nvidia passe à la vitesse supérieure. Jensen Huang a annoncé le démarrage de la production en série de la plate‑forme « Vera Rubin », qui succède à l’architecture Blackwell. La chaîne d’approvisionnement est deux fois plus étendue que pour la génération précédente, et le temps de montage des racks serveurs est passé de deux heures à cinq minutes.
Parallèlement, le groupe fait son entrée sur le marché des PC avec le processeur « RTX Spark », développé en partenariat avec MediaTek. Il combine un CPU à 20 cœurs et un GPU Blackwell, permettant d’exécuter des applications d’IA complexes directement sur les terminaux. Huang compare cette transition au passage du téléphone mobile au smartphone.
Des ventes d’initiés et un dividende qui pèsent
L’ambiance de marché est également alourdie par des ventes internes. Un trust lié à un administrateur a cédé un million d’actions début juin. Par ailleurs, le détachement du coupon a mécaniquement abaissé le cours.
Depuis le début de l’année, Nvidia affiche tout de même une progression de 12 %. Le consensus des analystes table sur un objectif de 256,04 euros, soit un potentiel de hausse de 44 % par rapport au cours actuel. Mais à court terme, tout se jouera sur le maintien du seuil des 174,40 euros. Un rebond confirmerait la vigueur de la tendance ; un enfoncement exposerait le titre à la zone des 165 euros.
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