L’or a refermé la première séance du second semestre sur une note positive, à 4.091,60 dollars l’once, porté par un regain de tension géopolitique et un indicateur américain décevant. Mais ce rebond de 1,74 % sur la journée n’efface pas l’ampleur du choc subi depuis le début de l’année : le métal jaune accuse encore un recul de 5,76 % sur le semestre et de 9,43 % sur les trente derniers jours. Surtout, il reste à 27,28 % de son record absolu du 29 janvier, à 5.626,80 dollars.
Le catalyseur du jour est venu du marché du travail américain. Le rapport ADP pour juin n’a fait état que de 98 000 créations d’emplois dans le secteur privé, bien en deçà des attentes des économistes qui tablaient sur 105 000 à 113 000. L’économiste en chef d’ADP, Nela Richardson, a souligné que le secteur de l’hôtellerie-restauration fléchissait pour le sixième mois consécutif, tandis que la finance et les technologies continuaient d’embaucher. Les rendements obligataires ont immédiatement reculé, le dollar s’est affaibli, offrant un répit à l’once.
Parallèlement, l’indice ISM manufacturier est ressorti à 53,3 points, contre 54 attendu, et surtout sa composante prix a chuté de 82,1 à 73 points, signe d’un relâchement des pressions inflationnistes dans l’industrie. De quoi raviver les anticipations d’une pause dans le resserrement monétaire de la Fed. Pourtant, le discours tenu par Kevin Warsh au forum de la BCE à Sintra a semé le trouble : le président de la Fed a annoncé l’abandon pur et simple du forward guidance, au profit d’une communication opaque et exclusivement fondée sur les données en temps réel. Les Fed Funds Futures intègrent désormais 67 % de probabilité d’une hausse des taux en septembre.
Ce paradoxe – signaux économiques mous d’un côté, rhétorique hawkish de l’autre – explique pourquoi l’or ne parvient pas à capitaliser pleinement sur les craintes géopolitiques. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran se sont ravivées à l’orée du deuxième semestre, pesant sur les indices actions américains. Mais l’once n’en tire qu’un bénéfice limité. Giovanni Staunovo, analyste matières premières chez UBS, rappelle que la vigueur inattendue de l’économie américaine, la hausse des rendements réels et le dollar soutenu continuent d’éroder l’attrait du métal jaune comme valeur refuge.
La configuration technique reste fragile. Le cours évolue 7,81 % en dessous de sa moyenne mobile à 50 jours (4.438,04 dollars) et le RSI s’établit à 39,4, sans signal de survente. Le plus bas annuel, à 3.901,30 dollars, n’est plus qu’à 5 % du cours actuel. Les analystes techniques mettent en garde : si le rapport officiel sur l’emploi américain, attendu vendredi, surprend par sa vigueur, un repli sous les 4.000 dollars vers la zone des 3.800 dollars n’est pas à exclure.
Du côté des institutionnels, la confiance demeure. L’Investment Institute d’Amundi, dans sa revue semestrielle, cite le contexte monétaire tendu, l’endettement public croissant et la quête de diversification des réserves des banques centrales comme des soutiens structurels. Le World Gold Council confirme : jamais autant d’institutions monétaires n’ont déclaré vouloir accroître leurs réserves d’or. Cette demande souveraine agit comme un plancher, mais ne suffit pas, pour l’instant, à inverser la dynamique baissière.
Les trajectoires divergent pour les prochains mois. La Deutsche Bank a abaissé son objectif de cours pour le troisième trimestre à 4.300 dollars. De son côté, le World Gold Council table sur un prix moyen de 4.100 dollars au second semestre, avec une fourchette de fluctuation de ±5 %. Tout dépendra de la communication de la Fed et de la vigueur du marché du travail américain dans les semaines à venir.
Publicité
Gold: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Gold et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Gold entièrement gratuite : En savoir plus ici !

