La journée s’annonce décisive pour l’or. Ce mercredi, le lingot défend la barre des 4 000 dollars, oscillant entre tensions géopolitiques au Moyen-Orient et l’attente du verdict de la Réserve fédérale américaine. À 4 042,90 dollars l’once, le métal précieux accuse un repli de 0,88 % par rapport à la veille, signe que les marchés digèrent mal l’incertitude monétaire.
La Fed en embuscade, le spectre de septembre
La banque centrale américaine, dirigée par le faucon Kevin Warsh depuis mai 2026, rendra sa décision à 20 h 00, heure de Paris. Si le statu quo est quasi acquis — le taux directeur devrait rester dans la fourchette de 3,50 % à 3,75 % —, c’est le ton de la conférence de presse qui cristallise toutes les attentions. Les opérateurs redoutent que Warsh n’y prépare le terrain pour un tour de vis en septembre.
Ce scénario pèse lourdement sur l’or. Sans rendement, le métal jaune souffre mécaniquement lorsque les taux d’intérêt grimpent. Or, les rendements des emprunts d’État américains à dix ans dépassent toujours 4,6 %, un niveau qui a déjà provoqué des sorties massives des ETF aurifères ces dernières semaines.
L’Iran et le pétrole brouillent les cartes
Paradoxalement, les tensions géopolitiques offrent un contrepoids. Les frappes américaines signalées en Iran, visant à sécuriser les voies maritimes dans le détroit d’Ormuz, entretiennent un climat de risque élevé. Les investisseurs se tournent alors vers l’or comme valeur refuge, même si la baisse des cours du pétrole atténue par ailleurs les craintes inflationnistes.
Cette double dynamique — risque géopolitique d’un côté, détente sur les prix de l’énergie de l’autre — rend l’équation complexe pour le métal précieux. La prime de risque liée au Moyen-Orient reste présente, mais elle n’est plus le moteur unique qu’elle était il y a quelques semaines.
Les banques centrales, un socle solide
Un facteur structurel continue de soutenir les cours : l’appétit insatiable des banques centrales pour l’or. Pékin, en particulier, achète sans discontinuer depuis 19 mois. Fin 2025, pour la première fois depuis les années 1990, les réserves d’or des banques centrales mondiales ont dépassé en valeur leurs avoirs en bons du Trésor américain. Cette diversification massive agit comme un plancher sous les cours, compensant les défections des investisseurs occidentaux.
Le regard rivé sur les 4 000 dollars
Sur le plan technique, le seuil psychologique des 4 000 dollars reste le niveau clé à défendre. L’once a clôturé mardi juste au-dessus, à 4 042,90 dollars. Mais le chemin est encore long : le cours accuse un retard de 4,29 % par rapport à sa moyenne mobile à 50 jours, fixée à 4 224,22 dollars. Surtout, il se situe 28,15 % sous son plus haut annuel de 5 626,80 dollars, atteint en début d’année 2026.
L’échéance des options sur le COMEX, mardi, a ajouté une couche de volatilité supplémentaire. Mais c’est bien le discours de Kevin Warsh qui dictera la prochaine direction. Un ton accommodant, sans allusion à un resserrement automnal, permettrait à l’or de consolider ses gains. À l’inverse, une posture plus agressive que prévu risquerait de faire voler en éclats le soutien des 4 000 dollars.
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