Le métal jaune a repris des couleurs. À la clôture de vendredi, l’once d’or s’échangeait à 4 597 dollars, en hausse de 1,5 % sur la séance. Ce rebond s’appuie sur une conjonction de facteurs favorables, mais sa pérennité dépendra d’un rendez-vous macroéconomique décisif : le rapport sur l’emploi américain du 5 juin.
Plusieurs vents portent en effet l’once. La faiblesse du dollar, d’abord : l’indice DXY est tombé à 98,80 points, rendant l’or moins onéreux pour les acheteurs hors zone dollar. Le recul des prix de l’énergie amplifie le mouvement : le brut WTI a glissé à 87 dollars le baril, son plus bas niveau depuis six semaines. Cette détente pétrolière allège les pressions inflationnistes et réduit la probabilité d’un nouveau resserrement monétaire américain. Les premières confirmations viennent d’Allemagne : l’inflation en Rhénanie-du-Nord-Westphalie est tombée à 2,4 %, tandis que la Bavière et le Bade-Wurtemberg affichent aussi des chiffres en baisse.
Côté géopolitique, des informations évoquent une possible trêve de soixante jours entre les États-Unis et l’Iran, ce qui apaise les craintes de perturbation du détroit d’Ormuz. Ce scénario réduit l’attrait des actifs refuges liés à l’énergie, mais profite à l’or en tant que valeur alternative. Les analystes de Commerzbank soulignent d’ailleurs que le marché intègre déjà une fin du cycle de hausse des taux de la Fed, en dépit des propos récents et plutôt hawkish du gouverneur Christopher Waller.
D’un point de vue technique, l’or affiche un RSI de 49,8, en zone neutre, et se situe 0,96 % sous sa moyenne mobile à 50 jours. La barre des 4 600 dollars constitue la prochaine résistance ; tant que le métal tient au-dessus de 4 500 dollars, la consolidation des dernières semaines reste valide. L’argent a suivi le mouvement : l’once a grimpé à 75,48 dollars, signe que l’embellie ne se limite pas au métal jaune. Le plus haut annuel, à 5 450 dollars, est encore loin, mais le potentiel technique existe.
C’est pourtant le calendrier macroéconomique qui dictera la prochaine direction. Le rapport mensuel sur l’emploi américain, publié le 5 juin à 8 h 30 (heure de la côte Est), est attendu comme le test clé. Salaires, taux de chômage et créations de postes non agricoles seront scrutés : des chiffres robustes renforceraient le dollar et les rendements, comprimant l’or ; des données décevantes raviveraient les espoirs de baisse des taux. Avant ce rendez-vous, plusieurs indicateurs – ISM des services, enquête ADP, Livre beige de la Fed et interventions de banquiers centraux – rythmeront les échanges.
En l’absence d’un catalyseur majeur, l’or a retrouvé un équilibre précaire. Le marché retient son souffle en attendant que les chiffres de l’emploi tranchent.
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