À 4 137 dollars l’once, l’or oscille sans élan. Jeudi, le métal précieux a repris 1,21 % pour s’établir à 4 136,90 dollars, mais sur une semaine, le gain frôle le néant (+0,01 %). Un paradoxe alors que le Proche-Orient s’embrase. L’armée américaine a frappé des cibles iraniennes deux jours de suite ; Téhéran promet des représailles. Le bras de fer militaire n’a pourtant pas déclenché la ruée vers la valeur refuge habituelle.
La raison tient à la flambée du pétrole. La quasi‑fermeture du détroit d’Ormuz a fait bondir les prix du brut de plus de 5 % après les menaces de Donald Trump, qui a dénoncé la trêve. Chaque dollar de plus sur le baril ravive les craintes inflationnistes. Le compte‑rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale a déjà montré que les banquiers centraux s’inquiètent de la persistance des prix. Le marché anticipe désormais un relèvement des taux d’ici fin 2026 – une perspective qui pénalise directement l’or, dépourvu de rendement.
Face à cette pression, les banques centrales adoptent des stratégies opposées. La Chine a accru ses réserves en juin au rythme mensuel le plus fort depuis deux ans et demi, offrant un soutien discret au marché. En revanche, la Russie et la Turquie ont cédé des quantités, brisant l’image de l’acheteur institutionnel inconditionnel. En Asie, la demande physique reste présente, mais au‑delà de 4 100 dollars, les acheteurs indiens et chinois se montrent plus prudents.
La grande banque HSBC a tenu compte de ce nouvel équilibre. Elle a abaissé sa prévision de cours moyen pour 2026 de 4 864 à 4 560 dollars l’once. Pour 2027, l’estimation passe de 4 965 à 4 925 dollars. La banque justifie ce réajustement par une politique monétaire américaine plus restrictive que prévu et par un dollar robuste. À long terme, l’endettement mondial reste un soutien, mais à court terme, les positions pourraient encore se dénouer.
Le graphique confirme la pause. L’once se négocie environ 5 % sous sa moyenne mobile à 50 jours (4 375,62 dollars). L’écart avec le plus bas sur 52 semaines (3 901,30 dollars) n’est que de 6 %. Le RSI, à 44,6, évolue en zone neutre. Le sommet annuel de 5 626,80 dollars, atteint fin janvier, semble lointain.
Sans signal clair sur le front des taux, l’or devrait rester ballotté entre les angoisses géopolitiques et la crainte d’une Fed plus dure. La prochaine salve de données d’inflation américaines pourrait trancher.
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