Schneider Electric a bouclé mercredi une émission obligataire de 6,0 milliards d’euros. Objectif affiché : financer une partie de l’acquisition de l’éditeur américain PTC Inc. L’opération, découpée en plusieurs tranches de titres seniors, affiche une maturité moyenne de 8,2 ans pour un coupon moyen d’environ 4,3 %. Le groupe a ainsi recours à la dette après avoir déjà fait appel aux marchés actions.
Car le financement du dossier PTC ne repose pas uniquement sur de l’emprunt. Le 20 octobre, l’industriel français avait en effet finalisé une augmentation de capital de 6,0 milliards d’euros, réalisée sans droits préférentiels de souscription pour les actionnaires existants. Les deux levées de fonds, d’un montant identique, servent la même cause : couvrir une partie du prix d’achat de la cible américaine.
Le titre sous pression
La Bourse n’a pas réservé le meilleur accueil à cette architecture financière. L’action Schneider Electric cédait 3,1 % mercredi, après avoir gagné 1,6 % la veille. RBC Capital Markets impute cette faiblesse à plusieurs inquiétudes : le risque que le rachat de PTC dilue l’histoire de croissance dans les data centers, la concurrence potentielle de logiciels dopés à l’intelligence artificielle, et la crainte d’un cycle des centres de données IA arrivé à son pic. Le courtier n’en maintient pas moins sa recommandation « Outperform » sur le dossier, avec un objectif de cours de 320 euros.
Chez Jefferies, le ton est plus franchement à l’achat. Lundi, le bureau d’analyse a réitéré sa recommandation d’achat et relevé sa cible de 323 à 329 euros. Un signal positif qui tranche avec l’accueil réservé par le marché à l’opération.
Le contexte sectoriel n’aide guère. Les valeurs technologiques européennes menaient le recul des indices, les publications d’Amazon et d’Intel ayant ravivé les doutes sur la capacité des investissements massifs dans l’IA à générer des retours suffisants.
Un troisième trimestre solide
Sur le plan opérationnel, pourtant, la dynamique reste vigoureuse. Le 16 octobre, Schneider Electric a dévoilé un chiffre d’affaires de 11,46 milliards d’euros pour le troisième trimestre 2026, porté par une croissance organique de 16,9 %. La demande issue des centres de données constitue, selon Reuters, le principal moteur de cette progression.
Fort de ces résultats, le groupe a relevé ses ambitions pour l’ensemble de l’exercice 2026. La prévision de croissance organique du chiffre d’affaires passe de 10-13 % à 12-14 %. Celle du résultat opérationnel ajusté (EBITA) est désormais attendue entre 18 et 21 %, contre 14 à 19 % précédemment.
Un jumeau numérique testé au Portugal
L’actualité ne se limite pas à la finance. Schneider Electric, AVEVA, Nscale et Start Campus ont annoncé mercredi l’aboutissement d’un projet pilote de jumeau numérique de bout en bout, bâti sur le blueprint Omniverse DSX de NVIDIA. L’expérimentation a porté sur l’exploitation du site de Nscale au sein du centre de données SIN01, au Portugal — une infrastructure rattachée au SINES Data Campus, dont la puissance est annoncée à 1,2 GW. La clôture du pilote avait déjà été communiquée la veille par Schneider Electric, Nscale et Start Campus.
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