La décision de l’agence britannique MHRA de retirer l’autorisation de mise sur le marché du vaccin IXCHIQ contre le chikungunya a provoqué une secousse boursière chez Valneva, mais elle n’a pas ébranlé la confiance des bureaux d’analyse. Stifel et Portzamparc ont en effet choisi de maintenir leurs recommandations d’achat, jugeant l’impact de cette mesure réglementaire marginal sur la valorisation du laboratoire français.
Le titre a néanmoins terminé la séance de la veille en repli de 2,1 %, à 2,52 euros. Ce mercredi, il reprend 3,2 % pour revenir à 2,60 euros, sans qu’aucune annonce opérationnelle nouvelle n’explique ce rebond : il s’agit d’un simple mouvement de rattrapage après la baisse de la session précédente.
Un poids britannique quasi nul dans la valorisation
Chez Stifel, on souligne que les ventes réalisées outre-Manche ne représentent qu’environ 1 % de la valorisation somme-des-parties du groupe. Le bureau d’analyse confirme dans la foulée son objectif de cours de 7,50 euros. Portzamparc emboîte le pas avec une recommandation positive et un objectif de 4,80 euros, laissant entrevoir un potentiel de progression substantiel.
Valneva a choisi de ne pas contester la décision britannique par voie juridique. La commercialisation d’IXCHIQ au Royaume-Uni avait déjà été interrompue plusieurs mois auparavant, la faiblesse de la demande des voyageurs ne justifiant plus sa distribution. Aucune dose ne subsistant dans le circuit, l’entreprise n’aura à supporter aucun frais de rappel. La MHRA a fondé son retrait sur des données de sécurité déjà connues, et non sur un signal inédit, ce que le laboratoire a tenu à préciser.
Les autorisations obtenues dans d’autres territoires — Union européenne, Canada, Brésil — demeurent intactes. Alors que le chikungunya a été recensé dans plus de 110 pays depuis 2004, Valneva réoriente désormais ses efforts vers les zones endémiques. Un programme pilote mené au Brésil a déjà permis de vacciner plus de 61 000 personnes sans alerte de sécurité supplémentaire, et environ 187 000 doses ont été administrées à travers le monde.
Le candidat anti-Lyme, véritable moteur de la thèse d’investissement
C’est du côté de la pipeline que les observateurs situent l’essentiel de la création de valeur, avec en première ligne le vaccin expérimental contre la borréliose VLA15. L’étude clinique de phase III VALOR a mesuré une efficacité de 73,2 % contre les cas confirmés, à partir de 28 jours après l’administration de la quatrième dose.
L’enjeu sanitaire est considérable : la société recense chaque année 476 000 infections aux États-Unis et 132 000 en Europe. Stifel anticipe une conclusion de l’examen européen au troisième trimestre 2027. Les décisions réglementaires portant sur le programme borréliose sont, elles, attendues dans les douze mois à venir.
Un capital stable et des repères boursiers contrastés
Sur le plan de la structure actionnariale, Valneva a communiqué la composition de son capital à fin septembre : 189 771 237 actions ordinaires en circulation, pour un total théorique de 204 365 399 droits de vote, droits de vote dormants inclus.
Le parcours récent du titre reflète une série d’étapes bien identifiées. Il y a environ un mois, l’Agence européenne des médicaments a validé la demande d’autorisation du candidat vaccin contre la borréliose ; depuis, l’action a cédé 11,2 %. Presque au même moment, la finalisation de la cession du site nantais s’est traduite par un recul de 6,5 %. À l’inverse, la publication des résultats semestriels, intervenue il y a plus d’un mois, s’est accompagnée d’un gain de 8,2 %. Depuis le début de l’année, la valeur abandonne toutefois 32 % de sa capitalisation.
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