Le contraste est saisissant : tandis que la direction de Valneva multiplie les apparitions publiques pour défendre son portefeuille vaccinal, l’action continue de plonger. À 2,43 euros, le titre accuse une chute de 10,74 % sur une semaine et un recul de 36,58 % depuis le début de l’année. Le marché n’est visiblement pas convaincu par les arguments commerciaux et scientifiques, malgré une actualité chargée.
Une pression technique qui ne faiblit pas
Les indicateurs techniques envoient des signaux contradictoires mais globalement inquiétants. L’action évolue 6,73 % sous sa moyenne mobile à 50 jours (2,61 euros) et accuse un écart de 35,19 % avec sa moyenne à 200 jours (3,76 euros). Le RSI atteint 82,5, un niveau théoriquement suracheté qui reflète davantage des à-coups de volatilité qu’une réelle vigueur. La volatilité annualisée à 30 jours culmine à 61,29 %, symptôme d’un marché nerveux.
Depuis son sommet des 52 semaines à 5,16 euros (août 2025), la perte dépasse la moitié de la valeur. Et le plus bas du cycle (2,25 euros) reste dangereusement proche. La rupture de la moyenne mobile à 50 jours fin mars a confirmé la tendance baissière.
Le contre-feu des tournées institutionnelles
Pour tenter d’inverser cette dynamique, le management a programmé un véritable marathon de communication. En juin, Valneva participe à plusieurs conférences investisseurs, dont la Jefferies Global Healthcare Conference à New York – comme l’indique un récent formulaire 6-K déposé auprès de la SEC. L’objectif : présenter aux fonds institutionnels à la fois les vaccins déjà commercialisés et les candidats en développement.
Parallèlement, le groupe est présent comme sponsor or à la 10e conférence nord-européenne de médecine des voyages (NECTM10) à Belfast. Il y organise un symposium intitulé « Du risque à la protection : perspectives pratiques sur les maladies transmises par les moustiques », en lien direct avec son vaccin Chikungunya Ixchiq.
L’avancée brésilienne et les données de persistance
Justement, Ixchiq progresse sur le plan opérationnel. L’agence sanitaire brésilienne ANVISA a autorisé la production locale du vaccin par l’Instituto Butantan – une étape cruciale pour l’accès dans les pays à revenus intermédiaires et faibles. Valneva peut désormais avancer un argument de poids : quatre ans après une dose unique, 95 % des participants à l’étude conservent des anticorps neutralisants.
La pipeline, moteur de la valorisation future
Mais le principal levier de valorisation reste le candidat vaccin contre la maladie de Lyme (LB6V, ex-VLA15). Pfizer, partenaire de Valneva, prépare les dossiers d’enregistrement après des données de phase III positives. Chaque avancée sur ce programme pourrait modifier radicalement la perception boursière du groupe.
Sur un autre front, Valneva développe S4V2, un vaccin contre Shigella – considéré comme le candidat le plus avancé au monde contre cette infection. Les liquidités du groupe s’élèvent à 105,3 millions d’euros, auxquelles s’ajoute l’augmentation de capital de 84 millions bouclée en avril. Les ventes de produits ont atteint 30,5 millions d’euros au premier trimestre.
L’assemblée générale de Lyon en ligne de mire
Fin juin, l’assemblée générale à Lyon sera l’occasion pour la direction de détailler le calendrier clinique et de montrer comment la discipline de coûts, le portefeuille de vaccins de voyage et le partenariat avec Pfizer doivent s’articuler pour sortir l’action de l’ornière. En attendant, la Bourse ne semble pas prête à accorder le bénéfice du doute.
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