Plombée de près de 40 % depuis le 1er janvier, l’action Valneva flirte dangereusement avec son plus bas des douze derniers mois (2,13 euros). À 2,33 euros, le titre semble en apnée. Pourtant, le calendrier des prochaines semaines pourrait changer la donne : une assemblée générale, une tournée de conférences et surtout deux candidats vaccins prometteurs rythment l’agenda du groupe lyonnais.
Le 25 juin, les actionnaires sont conviés à l’assemblée générale ordinaire au Sofitel Lyon Bellecour. Les documents préparatoires (ordre du jour, projets de résolutions) sont en ligne depuis le 4 juin. En parallèle, la direction multiplie les déplacements : la Jefferies Global Healthcare Conference à New York, le forum Oddo BHF Nextcap et la conférence SMID Cap de BNP Paribas à Paris. À chaque fois, le même message : la pipeline, avec en tête le vaccin contre la maladie de Lyme LB6V, développé en partenariat avec Pfizer.
Ce dernier a déjà livré des résultats de phase 3 convaincants en mars 2026 : plus de 70 % d’efficacité chez les plus de cinq ans, aucun problème de sécurité. La FDA lui a accordé le statut de « fast track », et Pfizer prépare les dossiers de demande d’autorisation. Mais l’enthousiasme autour de ce candidat ne suffit pas à enrayer la défiance du marché.
Car le contexte commercial s’assombrit. Valneva a revu à la baisse sa prévision de chiffre d’affaires 2026 pour ses produits : de 145–160 millions d’euros, elle passe à 135–150 millions. Le total des revenus (incluant les autres produits) reste inchangé à 145–160 millions. Pour redresser la barre, le groupe a lancé un plan de restructuration drastique : les coûts opérationnels doivent chuter de 25 à 35 % par rapport à 2025.
Côté trésorerie, Valneva disposait de 105,3 millions d’euros fin mars, avant une augmentation de capital réalisée en avril pour 37 millions supplémentaires. La direction estime avoir une visibilité suffisante jusqu’aux espoirs de mise sur le marché du LB6V. Au premier trimestre 2026, les ventes de produits ont atteint 30,5 millions d’euros, tirées notamment par le vaccin contre le chikungunya IXCHIQ®.
Un autre candidat pourrait rythmer l’actualité : le S4V2, un vaccin contre la shigellose, infection diarrhéique potentiellement mortelle. Deux études sont en cours – l’une de phase 2 chez les nourrissons, l’autre de phase 2b avec modèle d’infection – et les premiers résultats sont attendus d’ici la mi-2026, soit dans les toutes prochaines semaines. Le marché potentiel est estimé à plus de 500 millions de dollars par an.
Valneva peut aussi compter sur une avancée au Brésil : l’agence sanitaire ANVISA a autorisé en mai la production locale d’IXCHIQ® par l’Institut Butantan, pour les 18–59 ans. Cette étape ouvre la voie à une inclusion dans le système public de santé brésilien.
Techniquement, l’action évolue à 2,33 euros, soit 38 % sous sa moyenne mobile à 200 jours (3,74 euros). Le RSI, légèrement au-dessus de 38, suggère une zone de survente – sans signal de retournement franc. Les investisseurs retiennent leur souffle en attendant l’assemblée générale et, surtout, les données sur le Shigella. Le second semestre 2026 se joue dès ce mois de juin.
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