À partir de janvier 2027, les groupes de défense américains n’auront plus le droit d’utiliser du tungstène chinois. Almonty Industries compte bien occuper le vide laissé par ce quasi-embargo. Mais avant de pouvoir viser 40 % de la demande mondiale hors Chine, l’entreprise doit obtenir le feu vert de ses actionnaires le 9 juin. En amont, ce mercredi 21 mai, elle livre les premiers chiffres de production de sa mine Sangdong, en Corée du Sud.
Un calendrier serré entre données techniques et décision stratégique
La première phase de l’exploitation commerciale a démarré fin mars. L’usine est conçue pour traiter 640 000 tonnes de minerai par an, avec une teneur en tungstène bien supérieure à la moyenne mondiale. Ce différentiel confère au projet un avantage de coût structurel. Les analystes de DA Davidson jugent que la mine devrait atteindre sa pleine capacité au deuxième trimestre 2026.
Le vote du 9 juin à Toronto porte sur la deuxième phase d’expansion. Si les actionnaires approuvent, la capacité de traitement doublerait pour atteindre 1,2 million de tonnes d’ici 2027. Almonty pourrait alors fournir environ 40 % de la demande de tungstène en dehors de la Chine.
Des finances solides et un nouvel homme fort
L’entreprise aborde cette échéance avec des réserves confortables. À fin mars, la trésorerie s’élevait à près de 260 millions de dollars américains, auxquels s’ajoute un volant de fonds de roulement à trois chiffres. De quoi financer l’expansion sans recourir immédiatement à un financement externe.
Les résultats du premier trimestre confirment la robustesse du modèle. Le chiffre d’affaires a bondi de 221 % sur un an, à 25,4 millions de dollars. Le moteur principal ? L’envolée du prix du tungstène, qui a grimpé de plus de 260 % entre janvier et mai, sous l’effet de l’arrêt quasi total des exportations chinoises. Le prix de l’ammonium paratungstate (APT) dépasse désormais les 3 000 dollars la tonne métrique, soit plus du triple de ses niveaux récents. Résultat : le résultat opérationnel ajusté est devenu nettement positif.
Sur le plan de la gouvernance, Jorge Beristain prendra le poste de directeur financier le 1er juin. Il remplace Brian Fox, parti avec effet immédiat. Beristain vient de Ryerson Holding et de Deutsche Bank, ce qui lui confère une solide expérience des marchés de capitaux.
Molybdène : la seconde jambe déjà sécurisée
Parallèlement à Sangdong, Almonty développe un projet de molybdène situé à seulement 150 mètres de la mine de tungstène. Tous les permis d’exploitation et environnementaux sont en poche. La production est prévue pour fin 2026.
À pleine cadence, le site devrait livrer environ 5 600 tonnes de molybdène par an, et ce pendant plusieurs décennies. Le sud-coréen SeAH M&S s’est engagé à acheter la totalité de la production, avec un prix plancher de 19 dollars la livre. De quoi garantir des revenus prévisibles. SeAH construit parallèlement une usine de plusieurs centaines de millions de dollars au Texas, destinée à approvisionner SpaceX et l’industrie de défense américaine.
Le titre Almonty, qui s’échange autour de 24 dollars canadiens, a doublé depuis le début de l’année, malgré un léger repli récent. Les spécialistes de Diamond Equity Research ont récemment relevé leurs prévisions de bénéfices, misant sur la baisse des coûts à mesure que la production monte en régime.
Les chiffres de production publiés ce 21 mai serviront de premier test concret avant le vote décisif du 9 juin. Almonty joue une double carte – tungstène et molybdène – dans un contexte géopolitique qui lui est favorable. Reste à convaincre les actionnaires d’accélérer la mise.
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