Nvidia aborde une nouvelle phase stratégique. La livraison des premiers processeurs Vera – une CPU maison basée sur l’architecture Armv9.2 – marque un tournant : le géant des puces ne se contente plus d’équiper les centres de données en GPU, il veut en devenir le fournisseur de plates-formes complètes. Oracle Cloud Infrastructure prévoit d’installer des centaines de milliers d’unités Vera à partir de 2026, tandis que SpaceXAI teste déjà la puce pour des applications d’apprentissage par renforcement. Selon TrendForce, le ratio CPU/GPU dans les datacenters pourrait évoluer vers 1:1 ou 1:2, un scénario dont Nvidia entend profiter directement.
Cette offensive intervient à un moment clé. Ce mercredi soir, après la clôture de Wall Street, le groupe publie les résultats de son premier trimestre fiscal 2027. Le consensus attend un chiffre d’affaires de 79,2 milliards de dollars, en hausse de 80 % sur un an, et un bénéfice par action de 1,78 dollar, plus du double de l’an dernier. Le segment datacenter représente à lui seul près de 73 milliards. Mais comme lors des quatre derniers trimestres, un simple « beat » ne suffira pas : l’action a chuté après quatre des cinq dernières publications, malgré un dépassement moyen de 15 % des estimations de BPA.
La raison tient à l’importance cruciale de la guidance pour le deuxième trimestre. Les analystes tablent déjà sur un chiffre d’affaires d’environ 87 milliards de dollars. Un objectif inférieur serait interprété comme un ralentissement de la croissance, même si le premier trimestre dépasse les attentes. Les options intègrent une variation du titre de 5 à 10 % dans les deux sens.
Ce qui complique l’équation, c’est la transition d’architecture en cours : les expéditions de Blackwell diminuent tandis que la production de la nouvelle génération Vera Rubin monte en puissance. Une guidance solide rassurerait sur la capacité de la demande à porter ce changement. Les quatre plus grands hyperscalers – Alphabet, Amazon, Microsoft et Meta – ont prévu pour 2026 des investissements cumulés de 725 milliards de dollars, en hausse de 77 % sur un an. Mais une partie croissante de ces milliards pourrait être captée par des concurrents comme Broadcom, AMD ou Cerebras, ou par les puces internes de Meta et Microsoft.
Autre inconnue de taille : la Chine. Le marché chinois de l’IA pèse environ 50 milliards de dollars par an, et Jensen Huang a obtenu des autorisations pour vendre des puces H200 à dix entreprises, dont Alibaba, ByteDance et Lenovo. Mais les régulations croisées bloquent toujours les livraisons concrètes. Pékin pousse ses champions nationaux à privilégier les fournisseurs locaux. Un signal positif sur un dérivé du H200 ou une réouverture du canal H20 libérerait un potentiel de revenus non anticipé par le consensus.
Sur le plan boursier, l’action cotée à Francfort s’échange à 190,16 euros, soit une progression de 12,4 % sur un mois et de 18 % depuis le début de l’année. Le titre se trouve 5 % en dessous de son record du 14 mai. Le RSI à 40,5 indique une configuration technique apaisée, tandis que le cours reste nettement au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours et de 19 % au-dessus de celle à 200 jours. Pourtant, l’environnement de taux pèse : les rendements des obligations d’État américaines à 30 ans dépassent les 5 %, ce qui comprime les valorisations des valeurs technologiques à forte croissance.
Les analystes restent confiants. HSBC fixe un objectif de cours à 325 dollars, Morgan Stanley à 285 dollars, en insistant sur la vigueur du datacenter. Au-delà des résultats, c’est la manière dont Nvidia quantifiera la demande pour Vera et sa stratégie en Chine qui retiendra l’attention, lors de la téléconférence prévue à 23 heures.
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