Alors que son action a bondi de près de 60 % depuis janvier, le groupe français Eutelsat mène une double offensive stratégique : étendre sa constellation en orbite basse (LEO) et ancrer son développement sur le continent africain. Le directeur général Jean‑François Fallacher l’a martelé lors de l’Africa Forward Summit à Nairobi en mai 2026 : la connectivité satellitaire est un levier clé pour l’essor numérique de régions mal desservies par les réseaux terrestres. Le groupe entend devenir un partenaire durable des gouvernements africains, soutenant leur souveraineté numérique. Le sommet, placé sous l’égide des présidences française et kényane, témoigne de la dimension diplomatique de cette ambition.
Parallèlement, Eutelsat affine sa présence dans la régulation orbitale. Aux côtés de SpaceX, du projet Kuiper d’Amazon et d’Iridium, il a publié la troisième version des Satellite Orbital Safety Best Practices, un ensemble de recommandations sur la conception, le lancement et l’exploitation des constellations. Signe que le rapprochement avec OneWeb l’a placé au même niveau technologique que les géants américains.
Des résultats trimestriels portés par le LEO
Sur le troisième trimestre de l’exercice 2025-2026, le chiffre d’affaires consolidé atteint 293 millions d’euros, en progression de 3,1 % en comparable. La croissance est tirée par les revenus de connectivité LEO, qui bondissent de 65 % à 62,2 millions d’euros. Cette dynamique compense en partie l’érosion du segment vidéo traditionnel, en recul de 13,3 %. Le cap est clair : la modernisation de l’infrastructure devient le moteur central du groupe.
Cinq milliards de refinancement pour soutenir l’expansion
Pour financer le déploiement de sa constellation, Eutelsat a bouclé un vaste refinancement de cinq milliards d’euros, incluant une obligation de 1,5 milliard et des augmentations de capital auxquelles ont participé les États français et britannique. Ce matelas de liquidités doit couvrir les investissements colossaux : environ 900 millions à un milliard d’euros sont fléchés vers le réseau LEO dans les prochains mois.
Un carnet de commandes qui rassure
Le groupe dispose d’un backlog de 3,4 milliards d’euros, soit près de 2,8 années de chiffre d’affaires théorique. La part des services de connectivité y atteint 58 %, preuve que la commercialisation se concrétise en contrats long terme. Le management confirme ses prévisions annuelles : des revenus stables pour les quatre branches opérationnelles, et une croissance de 50 % des ventes LEO sur l’ensemble de l’exercice.
Un titre volatil, des signaux techniques mitigés
En Bourse, l’action Eutelsat évoluait récemment autour de 2,85-2,88 euros, encore loin de son plus haut sur 52 semaines (4,03 euros). La volatilité annualisée de 68 % traduit la nervosité des investisseurs, tiraillés entre les coûts d’investissement et la promesse de croissance accélérée. L’indice RSI, à 32, suggère une situation de survente à court terme, après les récentes fluctuations.
Reste à savoir si le pari africain portera ses fruits assez vite pour contrebalancer la baisse structurelle des activités vidéo. La mue d’Eutelsat, entre orbite basse et nouveaux territoires, se joue désormais sur un double échiquier : celui des étoiles et des terres émergentes.
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