Almonty Industries aborde une séquence charnière alors que la pression monte sur les marchés du tungstène et que l’entreprise peaufine sa gouvernance. La mine sud-coréenne Sangdong, dont la mise en service commerciale s’accélère, place le groupe canadien au cœur d’une recomposition mondiale des chaînes d’approvisionnement. Mais cet élan industriel se double d’échéances calendaires et d’un changement à la direction financière qui retiennent l’attention des investisseurs.
Le prix de l’ammonium paratungstate, indicateur clé du secteur, s’envole à environ 3 185 dollars la tonne métrique, soit une progression de l’ordre de 900 % sur douze mois. Cette flambée trouve son origine dans la mainmise de la Chine, qui contrôle près de 80 % de l’offre mondiale, et dans les restrictions qu’elle impose depuis février 2025 sur ses exportations de tungstène. À cela s’ajoute l’interdiction américaine, à compter du 1er janvier 2027, de tout approvisionnement public en tungstène chinois. Résultat : des industriels comme Kennametal cherchent fébrilement des alternatives – exactement ce que propose Almonty.
Un bilan trimestriel qui change la donne
Les derniers comptes publiés par le groupe confirment une inversion de tendance spectaculaire. Le chiffre d’affaires a bondi de 221 % pour atteindre 25,4 millions de dollars, tandis que l’EBITDA ajusté ressort à 6,1 millions, contre une perte l’an dernier. Surtout, le flux de trésorerie opérationnel est devenu positif à 9,7 millions de dollars, après un trou de 4,4 millions à la même période de l’exercice précédent. Les liquidités disponibles s’élèvent à 259,9 millions et le fonds de roulement à 169,5 millions – des réserves qui offrent une marge de manœuvre confortable alors que Sangdong monte en cadence.
La phase 1 de la mine sud-coréenne, inaugurée officiellement le 17 mars 2026, doit produire 2 300 tonnes de concentré de tungstène par an. Le marché attend désormais des jalons clairs sur le passage à la production commerciale, d’autant que Washington a lancé le « Project Vault », un programme de réserves stratégiques doté de 12 milliards de dollars. Sur cette enveloppe, 10 milliards proviennent de prêts de l’Export-Import Bank américaine et 1,67 milliard de fonds privés, avec la participation de Boeing, General Motors et Stellantis.
Assemblée et direction : deux dates dans le viseur
Sur le plan corporate, les actionnaires ont jusqu’au 26 mai pour réclamer les documents relatifs à l’assemblée générale – notamment le circulaire et les comptes annuels audités de 2025. La date limite de dépôt des procurations est fixée au 5 juin, et la réunion se tiendra le 9 juin à Toronto. À l’ordre du jour : l’approbation des comptes, la fixation du conseil à sept membres, l’élection des administrateurs et la nomination du commissaire aux comptes. Seuls les inscrits au registre au 24 avril 2026 pourront voter.
Mais le rendez-vous le plus scruté sera sans doute le 1er juin, date d’entrée en fonction du nouveau directeur financier, Jorge Beristain, CFA. Il remplace Guillaume de Lamaziere, qui assurait l’intérim. Ce changement intervient dans une période où la communication autour de l’allocation du capital et des priorités de financement est jugée cruciale par les analystes.
Des niveaux techniques sous tension
En Bourse, l’action a clôturé à 25,80 dollars canadiens vendredi, avec un gain hebdomadaire de 7,4 %. Depuis le début de l’année, la progression atteint 114,46 % ; sur un an, le titre s’envole de 610,74 %. Le RSI à 70,4 signale une zone surachetée après la récente poussée, et la volatilité annualisée sur trente jours culmine à 94,67 %. Le cours évolue juste sous sa moyenne mobile à 50 jours (26,04 CAD), tandis que le récent range mensuel s’étend de 22,30 à 32,65 CAD – le plus haut historique touché en avril (32,07 CAD) reste à 20 % de la clôture actuelle.
Les prochaines séances devront digérer la publication des chiffres du PIB américain et de l’inflation PCE le 28 mai, deux indicateurs capables d’orienter le dollar et les taux réels, donc le comportement des valeurs minières. D’ici là, le marché testera la solidité du support à 25,02 CAD et de la résistance à 26,36 CAD, bornes de la dernière séance. L’enjeu dépasse la technique : Almonty doit prouver que sa gouvernance, son financement et le démarrage de Sangdong avancent de concert – un triptyque sur lequel se joue la crédibilité de l’entreprise face à la ruée vers le tungstène non chinois.
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