Le producteur de tungstène Almonty Industries traverse une séquence dense où se mêlent chiffres records, reflux des vendeurs à découvert, changements de direction et un scrutin actionnarial aux implications stratégiques majeures. Le tout sur fond de tensions géopolitiques qui font flamber les prix du minerai.
Les shorteurs lâchent prise
Signe d’un revirement de sentiment, le nombre d’actions Almonty vendues à découvert a chuté de 41,1 % fin avril, à 3,26 millions de titres, contre plus de 5,5 millions précédemment. Le ratio jours-à-couvrir n’est plus que de 0,7, un niveau qui traduit un désengagement rapide. Avec une capitalisation boursière d’environ 4,95 milliards de dollars américains, le mouvement est d’autant plus visible.
Pourtant, le parcours boursier n’est pas un long fleuve tranquille. L’action a clôturé à 24,02 dollars canadiens vendredi dernier, après une baisse de 4,68 % sur la séance et un recul de 10,64 % sur la semaine. Mais la photographie annuelle reste spectaculaire : le titre affiche encore un gain de près de 99,67 % depuis le 1er janvier et de 545,70 % sur douze mois. Les corrections après une telle envolée ne contredisent pas la force du récit.
Un premier trimestre qui change la donne
Les résultats du premier trimestre 2026 apportent la substance opérationnelle attendue. Le chiffre d’affaires a bondi de 221 % à 25,4 millions de dollars américains, contre 7,9 millions un an plus tôt. La trésorerie s’établissait à 259,9 millions de dollars fin mars, et le fonds de roulement à 169,5 millions.
L’EBITDA ajusté atteint 6,1 millions de dollars, tandis que le flux de trésorerie opérationnel dégage 9,7 millions. La perte nette s’inscrit à 5,3 millions, soit 0,02 dollar par action, pénalisée par des réévaluations non monétaires de 8,4 millions. L’amélioration des fondamentaux rend la valorisation plus tangible pour les investisseurs.
Beristain aux manettes financières
Parallèlement, Almonty renforce sa direction. À compter du 1er juin, Jorge Beristain prendra le poste de directeur financier. Ce vétéran de Wall Street était vice-président Finance chez Ryerson Holding, un négociant en métaux coté au NYSE avec un chiffre d’affaires d’environ cinq milliards de dollars, où il a contribué à doubler la capitalisation. Auparavant, il avait été classé parmi les trois meilleurs analystes du secteur chez Deutsche Bank Securities, où il dirigeait la recherche sur les métaux et mines en Amérique. D’ici son arrivée, Guillaume de Lamaziere, jusqu’ici directeur du développement, assure l’intérim après le départ immédiat de Brian Fox.
Le 9 juin, l’heure de vérité sur Sangdong
Une semaine après l’entrée en fonction de Beristain, le 9 juin, les actionnaires sont convoqués à Toronto en assemblée générale. Outre la réélection de sept administrateurs et la nomination des auditeurs, le point central est le vote sur l’extension de la mine de Sangdong, en Corée du Sud. Il s’agit d’approuver une capacité de production portée à 1,2 million de tonnes par an d’ici 2027.
Si le feu vert est donné, Sangdong pourrait produire annuellement plus de 460 000 unités de tonnes métriques de tungstène, soit environ 40 % du marché hors de Chine. Or, Pékin a récemment durci ses contrôles à l’exportation sur le minerai, faisant bondir le prix de l’ammonium paratungstate (APT) d’environ 862 dollars par MTU début janvier à près de 3 140 dollars début mai — plus d’un triplement en quelques mois.
Un décret américain change la donne stratégique
Sur le plan géopolitique, un décret présidentiel américain exclura à compter de janvier 2027 le tungstène chinois des chaînes d’approvisionnement de la défense occidentale. Almonty a d’ailleurs transféré son siège social de Toronto à Dillon, dans le Montana, un rapprochement symbolique et pragmatique avec les partenaires industriels et militaires états-uniens.
Analystes et institutionnels se positionnent
Les résultats solides se reflètent dans les modèles de valorisation. Au moins un analyste a relevé son objectif de cours de 13,23 % à 16,41 dollars américains. La cible moyenne du consensus s’établit à 18,38 dollars.
Côté institutionnels, Cooper Creek Partners a augmenté sa participation de 110,4 %, à environ 4,78 millions d’actions. La Banque nationale suisse et Manufacturers Life ont également renforcé leurs lignes. Fidelity est désormais actionnaire à hauteur de 6,5 %, rejoignant Van Eck Associates et Encompass Capital Advisors.
L’écart entre progrès et spéculation
En marge, les discussions autour d’une potentielle fusion avec ALL&WOF — la « perle de tungstène » souvent évoquée — continuent d’alimenter les débats, mais aucune décision officielle n’a été prise. La différence entre avancées opérationnelles et rumeurs spéculatives reste un fil conducteur important.
Dans la semaine à venir, l’attention se portera sur la structure du cours. Un retour vers la moyenne mobile à 50 jours, située à 26,27 dollars canadiens, renforcerait le momentum. Au-dessus de la moyenne à 200 jours, à 15,23 dollars, la tendance haussière de long terme demeure intacte. Le mois de juin dira si les actionnaires valident l’expansion de Sangdong, et si l’expertise financière de Jorge Beristain saura porter Almonty vers sa prochaine phase de croissance.
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