DroneShield traverse une période paradoxale. Jamais ses comptes n’ont été aussi solides, jamais le cours n’a été aussi malmené. Au cœur de ce contraste : une enquête de l’ASIC qui pèse sur le titre, alors que le groupe australien accélère sa transformation vers un modèle plus récurrent et monte en puissance sur le plan industriel.
Un trimestre record, mais une Bruxelles de plomb sur le cours
Le premier trimestre 2026 restera dans les annales de l’équipementier en anti-drones. Les encaissements clients ont atteint 77,4 millions de dollars australiens, soit un quadruplement sur un an. Le cash-flow opérationnel a grimpé à 24 millions, un record historique. Pourtant, l’action a dévissé de près de 10 % en une semaine, pour clôturer à 1,95 euro, bien en dessous de sa moyenne mobile à 50 jours (2,26 euros). Le RSI, à 39, signale une zone de survente.
La cause ? Une notification de l’ASIC, le gendarme boursier australien, qui enquête sur des obligations de publication et des transactions intervenues en novembre 2025. En particulier, une annonce de commandes américaines de 7,6 millions de dollars, retirée par la suite car il ne s’agissait pas de nouvelles commandes. Selon plusieurs médias, l’autorité scrute également des ventes d’actions réalisées par l’ex-PDG Oleg Vornik et l’ancien président du conseil, Peter James.
Un carnet de commandes colossal pour asseoir la crédibilité
Malgré la défiance boursière, le moteur commercial tourne à plein régime. DroneShield dispose d’une pipeline qualifiée de 312 projets, représentant un volume potentiel de 2,2 milliards de dollars australiens. Pour l’exercice en cours, le groupe a déjà comptabilisé 154,8 millions de revenus fermes jusqu’en avril. La trésorerie, elle, s’élève à 223 millions de dollars à fin mars, de quoi autofinancer l’expansion sans recourir à l’endettement.
Autre signal fort : la montée en puissance du logiciel. Au premier trimestre, les revenus SaaS ont atteint 5,1 millions de dollars, soit près de 7 % du chiffre d’affaires total. L’objectif affiché est de porter cette part à 30 % d’ici 2030, ce qui améliorerait nettement la visibilité sur les bénéfices futurs.
Sur le terrain militaire, la demande reste soutenue. Les dépenses de défense augmentent à l’échelle mondiale, portées par l’initiative de réarmement européen et le « Safer Skies Act » américain. DroneShield a par ailleurs signé un protocole d’accord avec le groupe danois Terma pour développer des systèmes de lutte anti-drones multicouches en Europe, où des capacités de production sont en cours de déploiement.
Une équipe dirigeante renouvelée sous pression
Le contexte réglementaire coïncide avec une transition aux commandes. L’ancien directeur technique de longue date, Angus Bean, a pris les rênes comme CEO. Le 29 mai, lors de l’assemblée générale à Sydney, Hamish McLennan doit officiellement prendre la présidence. Un test grandeur nature pour le nouveau tandem, qui devra à la fois rassurer sur la coopération avec l’ASIC et démontrer que la conversion des pipelines se poursuit.
Les analystes restent partagés. Bell Potter recommande l’achat avec un objectif de cours de 4,80 dollars, misant sur la demande persistante des armées occidentales. Jefferies, plus réservé, fixe une cible de 3,70 dollars et conseille de conserver le titre, jugeant que la valorisation intègre déjà beaucoup d’optimisme au regard de la visibilité limitée sur les résultats.
D’ici au 29 mai, le marché guettera un signal fort de la part de la nouvelle direction : parviendra-t-elle à faire pencher la balance entre le poids de l’enquête et la puissance du carnet de commandes ? Le plan d’extension des capacités de production à 2,4 milliards de dollars par an d’ici la fin de l’exercice fournira un premier élément de réponse.
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