Le groupe informatique français Atos cherche un second souffle. Entre un titre qui a touché un nouveau plancher historique et des initiatives technologiques ciblées, la direction tente de concilier redressement financier et reconquête de la confiance des investisseurs. La séance de mardi a offert un répit bienvenu : l’action a gagné 4,3 % pour revenir à 24,52 euros, après avoir inscrit la veille un plus bas sur 52 semaines à 23,26 euros et clôturé à 23,50 euros.
Un smartphone tri-mode pour les opérateurs ferroviaires
C’est par le rail qu’Atos entend démontrer son savoir-faire. Sa filiale Eviden a lancé mardi un partenariat exclusif avec AllWayTon Technology en vue de commercialiser un smartphone tri-mode destiné à l’industrie ferroviaire. L’appareil réunit trois standards de communication : le GSM-R, le futur système FRMCS fondé sur la 5G, ainsi que la téléphonie mobile publique.
L’enjeu est concret. Les exploitants ferroviaires doivent aujourd’hui jongler avec des terminaux distincts, le temps que le vieillissant GSM-R cède progressivement la place au FRMCS. Le nouveau combiné associe le matériel du partenaire au logiciel MCX Client d’Eviden, intégré à son portefeuille Lifelink. Il cible les gestionnaires d’infrastructures critiques, pour lesquels la continuité de service prime, et gère aussi bien les liaisons vocales en push-to-talk que les échanges de données et de vidéos. La présentation officielle aura lieu au salon InnoTrans de Berlin, du 22 au 25 septembre. AllWayTon revendique déjà des relations clients dans plus de trente pays.
Un comité scientifique pour peser sur l’IA européenne
En parallèle, le groupe renforce son positionnement sur le terrain de la souveraineté numérique. Un comité scientifique consacré à l’intelligence artificielle a vu le jour en France, avec pour mission de structurer les choix technologiques et de coordonner des plateformes de développement communes. Figure notamment au programme une place de marché interne dédiée aux agents d’IA, pensée pour appuyer les réponses aux appels d’offres publics dans le cloud.
Quatre experts extérieurs siègent aux côtés de dirigeants maison, dont le directeur général France Franck Chartier. On y retrouve Jean-Baptiste Kempf, fondateur de VideoLAN, et Stéphane Canu, professeur à l’INSA Rouen Normandie. Cette instance doit épauler des projets existants, à l’image de la plateforme MogwAI et des Sovereign Agentic Studios.
Genesis dépasse ses objectifs d’économies
Ces annonces interviennent sur fond d’assainissement accéléré. Au premier semestre, la marge opérationnelle s’est améliorée de 2,1 points pour atteindre 5,7 %, et le programme d’économies Genesis a dépassé la cible initiale, à 112 % des objectifs fixés. Le groupe a par ailleurs remboursé 146 millions d’euros de dettes existantes.
Le coût du financement a lui aussi reculé, de quelque 220 points de base, à 7,4 %, ce qui représente un allègement annuel des charges d’intérêts d’environ 59 millions d’euros. La cession complète de l’activité supercalculateurs Bull à l’État français, pour un montant pouvant atteindre 404 millions d’euros, a contribué à délester le bilan. Atos s’est depuis recentré sur ses services sous la marque Atos et sur les systèmes technologiques d’Eviden, avec environ 54 000 salariés répartis dans 54 pays.
Des comptes encore sous tension
Le tableau reste néanmoins contrasté. Sur les six premiers mois de l’exercice 2026, la perte nette s’est élevée à 503 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 3 410 millions. Au deuxième trimestre, l’activité organique a reculé de 6,3 %, à 1,66 milliard d’euros. La direction vise toujours une marge opérationnelle d’environ 7 % pour l’ensemble de l’année, tout en anticipant un léger repli de l’activité organique, et table sur une évolution favorable de la trésorerie. À horizon 2028, elle ambitionne de porter cette marge à près de 10 %, à condition que l’érosion du chiffre d’affaires cesse enfin.
Depuis le début de l’année, le titre abandonne 51 % de sa valeur. Reste à savoir si les produits de niche dans le ferroviaire et le pari sur les initiatives européennes de souveraineté suffiront à enclencher un redressement durable — une réponse qui se mesurera d’abord dans les prises de commandes des prochains trimestres.
Publicité
Actions Atos: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Atos et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Atos entièrement gratuite : En savoir plus ici !

