À dix jours de la publication de ses résultats trimestriels, BNP Paribas avance ses pions sur deux fronts bien distincts. La banque française muscle simultanément sa banque d’investissement outre-Manche et boucle un accord salarial avec les organisations syndicales, tandis que le titre continue de subir la défiance des marchés vis-à-vis de la situation budgétaire hexagonale.
Côté britannique, le groupe a recruté deux managing directors pour renforcer son équipe de conseil en fusions-acquisitions. Govind Shanbogue, en provenance de Banco Santander, et Sandip Dhillon, venant d’UBS, ont rejoint la division M&A du Royaume-Uni à la mi-octobre. Une manière pour l’établissement de développer de façon sélective les activités de conseil à forte marge, sur un marché particulièrement concurrentiel.
En parallèle, la direction a trouvé un terrain d’entente avec les représentants du personnel sur l’évolution des rémunérations pour 2027. D’après les informations relayées par les médias, l’accord couvre près de 93 % des salariés dont le revenu annuel est inférieur à 100 000 euros. Les hausses prévues atteignent 1 500 euros pour les rémunérations allant jusqu’à 50 000 euros, et 1 000 euros pour la tranche comprise entre 50 000 et 100 000 euros. Un compromis qui offre de la visibilité sur les coûts salariaux, mais qui fige aussi un poste de dépenses alors que l’environnement de taux et de conjoncture reste exigeant.
Un titre sous pression politique
Sur le front boursier, l’ambiance n’est guère porteuse. Lors de la dernière séance, l’action a cédé 2,3 % pour clôturer à 86,80 euros, dans le sillage des tensions politiques et budgétaires ravivées par les manifestations et troubles du week-end précédent. Selon Reuters, l’ensemble des valeurs financières françaises a souffert, à l’image de Société Générale qui a perdu environ 3 %. Dow Jones soulignait de son côté l’élargissement de l’écart de rendement entre les emprunts d’État français et allemands, un facteur qui pèse un peu plus sur les banques tricolores.
La correction s’inscrit dans une tendance plus large : sur les trente derniers jours, le cours a abandonné 15 % de sa valeur. Le titre évolue désormais loin de son plus haut sur 52 semaines de 113,98 euros, touché au mois d’août. Les observateurs de marché pointent du doigt l’incertitude entourant la politique budgétaire française, qui continue de plomber la valorisation des établissements domestiques.
RBC ajuste sa cible, Morningstar appelle à la prudence
Les analystes n’ont pas tardé à réagir. Le 12 octobre, Anke Reingen, chez RBC Capital, a ramené son objectif de cours de 109 à 105 euros tout en maintenant sa recommandation à « Outperform ». Le lendemain, Johann Scholtz, de Morningstar, a mis en garde contre les inquiétudes fiscales en France et prévenu les investisseurs de périodes plus agitées à venir.
Le 7 octobre, BNP Paribas avait par ailleurs publié une note d’information récapitulant les éléments déjà communiqués avant son rapport intermédiaire. La banque y précisait que la période de silence précédant la présentation des comptes avait débuté le 13 octobre, le management s’abstenant traditionnellement de tout commentaire sur l’activité durant cette fenêtre.
Prochaine échéance pour les marchés : le 28 octobre, à partir de 7h00, quand l’établissement dévoilera ses résultats du troisième trimestre ainsi que ceux des neuf premiers mois de 2026. Les investisseurs scruteront surtout la capacité de la grande banque à défendre ses revenus et la qualité de son crédit face aux turbulences récentes et à un climat politique pour le moins mouvementé sur son marché domestique.
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