En à peine trente heures, le Seal 08 a attiré 65 000 commandes fermes après son lancement le 2 juillet. Cette berline haut de gamme, qui débute à 196 900 yuans, mise sur un système de recharge 800 volts et une suspension pneumatique DiSus-A pour séduire une clientèle exigeante. Les versions 100 % électriques représentent plus de 65 % des réservations, signe que BYD parvient à imposer ses purs électriques dans un segment pourtant saturé. Résultat : l’action a bondi de 16,42 % en sept séances, clôturant à 9,58 euros vendredi.
Ce rebond spectaculaire contraste violemment avec la situation intérieure. En juin, les ventes en Chine ont chuté de 22 % sur un an, confirmant une tendance amorcée dès mai 2025. La suppression des subventions et la faiblesse du marché immobilier pèsent lourdement sur la demande. Les résultats financiers du premier trimestre en portent la marque : le bénéfice net s’est effondré de 55 % et le cash-flow opérationnel a plongé de 67 %. La guerre des prix fait rage, obligeant BYD à défendre chèrement ses parts de marché.
Pour compenser, le constructeur accélère à l’international. Les exportations ont atteint un record de 175 349 véhicules en juin, soit une progression de 94,73 % sur un an – elles représentent désormais plus de 43 % des ventes mensuelles. Dans ce sillage, BYD vise 1,5 million d’unités vendues à l’étranger sur l’ensemble de l’année. Deuxième usine européenne en vue, en France ou en Espagne, après celle de Hongrie. Le Goodwood Festival of Speed, en juillet, servira de vitrine aux nouveaux modèles des marques de luxe du groupe.
La Deutsche Bank anticipe un retournement marqué au deuxième trimestre : volume de ventes en hausse de 58 % par rapport au trimestre précédent, à 1,1 million de véhicules, et bénéfice trimestriel bondissant de 145 %, aux alentours de 10 milliards de yuans. Ces prévisions ont déjà profité au secteur : les actions cotées à Hong Kong des constructeurs chinois d’électriques ont grimpé, BYD gagnant près de 9 % en une seule journée.
Techniquement, le titre reste sous ses moyennes mobiles : il cède encore 3,83 % à la moyenne à 50 jours (9,96 euros) et 10,96 % à celle à 200 jours (10,76 euros). Le RSI à 56,6 indique que la valeur n’est pas surachetée, laissant entrevoir un potentiel de hausse supplémentaire. La volatilité annualisée à 30 jours, de 40,40 %, rappelle toutefois que les prochains chiffres de livraisons ou de résultats pourraient provoquer de forts mouvements.
Reste à savoir si la dynamique exportatrice et les succès haut de gamme suffiront à contrebalancer la déprime du marché chinois. Les résultats détaillés du deuxième trimestre diront si la marge a tenu et si l’alerte sur le cash-flow n’était qu’un accident de parcours. En attendant, la décision sur le site de la seconde usine européenne et l’accueil réservé aux nouveautés à Goodwood constitueront les prochains catalyseurs pour l’action.
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