Le constructeur chinois BYD multiplie les fronts. Entre la présentation imminente d’un robot humanoïde, le lancement d’une berline électrique aux spécifications record et l’arrivée d’une figure politique hongroise dans ses rangs, le groupe élargit son périmètre bien au-delà de l’automobile. Pourtant, l’action reste engluée dans une dynamique baissière, loin des sommets atteints l’été dernier.
Un robot de 1,61 mètre pour les showrooms
Confirmée fin juillet auprès de la China Securities Journal, l’arrivée d’un robot humanoïde baptisé « Xiao Di » dans les centres d’expérience Di Space du groupe est prévue dès ce mois d’août. La machine affiche 1,61 mètre pour 58,5 kilogrammes, avec 31 degrés de liberté. Un représentant de l’entreprise a également indiqué que BYD planche sur le développement de ces robots et envisage leur déploiement futur dans les foyers.
Positionné d’emblée comme un robot de service interactif destiné aux showrooms — et non comme un simple concept —, le dispositif a provoqué un sursaut boursier ponctuel en juillet, l’action gagnant plus de 2 % en séance. Un mouvement qui tranche avec les thèmes habituels du titre, jusqu’ici dominés par les modèles de véhicules et les chantiers d’usines.
Une offensive produit tous azimuts
La semaine écoulée a également été marquée par une salve de nouveautés. Jeudi, BYD a dévoilé à Shenzhen la berline Qin MAX, dont les prix s’échelonnent de 99.900 à 143.900 yuans. À cette occasion, Lu Tian, directeur général du réseau Dynasty, a révélé que la famille Qin avait dépassé les 2,9 millions d’unités vendues cumulées.
Le 3 août, la filiale Denza avait ouvert les précommandes du Z9S, une berline électrique pure positionnée sur le segment moyen-haut de gamme. Ses trois finitions s’échelonnent entre 319.800 et 389.800 yuans. Avec une autonomie CLTC de 1.100 kilomètres, le modèle revendique la meilleure performance du marché pour un véhicule 100 % électrique de série. Côté recharge rapide, le Z9S passe de 10 à 70 % de batterie en cinq minutes, et atteint 97 % en neuf minutes.
L’assistance à la conduite comme relais de croissance
Cette déferlante produit s’inscrit dans une montée en puissance parallèle du segment des aides à la conduite. Le 13 août, BYD a annoncé que sa flotte équipée de systèmes d’assistance dépassait les 3,52 millions d’unités. Le dispositif « DiGod’s Eye » génère chaque jour plus de 220 millions de kilomètres de données de conduite, et 187.670 véhicules dotés de cette fonction intelligente ont été écoulés en juillet.
Des ventes records, un objectif annuel sous tension
Les chiffres de ventes confirment la vigueur opérationnelle. En juillet, BYD a écoulé 419.211 véhicules à énergie nouvelle en gros, en hausse de 21,76 % sur un an — le troisième mois consécutif de croissance. Les ventes de voitures particulières et de pick-ups hors de Chine ont atteint 179.841 unités, un record porté par une progression de 124,3 % en glissement annuel.
Reste que cette dynamique ne suffit pas à garantir l’objectif annuel. Avec 1,81 million de véhicules vendus au premier semestre, le groupe devrait écouler environ 530.000 unités par mois d’ici décembre pour espérer atteindre la borne basse de sa fourchette cible, fixée entre 5 et 5,5 millions d’unités. L’expansion internationale compense une partie de l’écart, sans le résorber entièrement, selon Bloomberg.
Une recrue politique et un contentieux américain en suspens
La gouvernance du groupe s’enrichit d’une figure inattendue : Péter Szijjártó, longtemps ministre hongrois des Affaires étrangères, rejoint BYD en qualité de cadre dirigeant. Il aura en charge les relations extérieures et le développement de nouveaux secteurs d’activité — un signal clair de la volonté du groupe de tisser des réseaux internationaux au-delà de l’automobile.
Sur le front juridique, BYD reste engagé dans une procédure contre les États-Unis. Saisie en février, l’action vise neuf décrets tarifaires pris au titre de l’IEEPA et réclame la restitution des droits acquittés depuis avril 2025. Le dossier est en suspens dans l’attente de la décision de la Cour suprême américaine sur les prérogatives douanières de l’exécutif.
Un cours qui reste sous pression
Malgré cette actualité dense, l’action n’a guère réagi. Le titre évolue autour de 9,84 à 9,88 euros, soit environ 26 % sous son plus haut sur 52 semaines de 13,23 euros, touché en août 2025. Le papier se situe environ 3,6 % au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours, mais reste 5,7 % sous sa moyenne à 200 jours. Depuis le 1er janvier, la perte atteint 7,7 à 8,1 % selon les séances de référence.
Les investisseurs attendront la publication des résultats semestriels, prévue le 29 août, pour juger si la cadence opérationnelle se traduit enfin dans les comptes. D’ici là, la question demeure : la robotique, les records d’autonomie et l’expansion exportatrice suffiront-ils à inverser la tendance boursière ?
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