Le constructeur chinois accélère sa mue stratégique. Alors que le marché domestique s’enlise dans une guerre des prix dévastatrice, BYD tourne résolument le cap vers l’exportation et, plus particulièrement, vers l’Europe. Le symbole le plus frappant de ce basculement : le Sealion 7, modèle vedette, disparaît purement et simplement du catalogue chinois pour être intégralement dédié à l’export.
Au deuxième trimestre 2026, BYD a livré 557 090 véhicules électriques dans le monde, confortant sa place de numéro un mondial loin devant Tesla. Rien qu’au mois de juin 2025, le groupe écoulait 403 472 unités, dont 175 349 à l’international – une progression de 94,7 % sur un an. La part de l’international dans les livraisons de juin a bondi à 43 %, un record. Pour l’ensemble de l’année, BYD vise 1,5 million de véhicules vendus hors de Chine.
Cette offensive extérieure passe par l’Europe, où BYD attaque désormais le segment premium avec sa marque Denza. Le sportif Denza Z sera dévoilé le 9 juillet au Royaume-Uni. Mais pour sécuriser son approvisionnement, le groupe doit aussi produire localement. Après l’usine hongroise dont la production doit démarrer au quatrième trimestre 2025, BYD planifie une deuxième implantation sur le continent. L’Espagne et la France tiennent la corde pour accueillir ce site « brownfield » – le rachat d’une usine existante –, a confirmé Alfredo Altavilla, conseiller spécial du groupe pour l’Europe.
La pression réglementaire pousse à l’accélération : l’Union européenne prépare des règles « Made in Europe » qui avantageront les constructeurs implantés localement. BYD, qui a déjà multiplié ses ventes européennes par 2,7 l’an dernier et dépassé les 100 000 immatriculations sur les cinq premiers mois de 2025, entend devancer le mouvement.
Pendant ce temps, en Chine, les chiffres donnent le tournis dans l’autre sens. Les ventes domestiques ont chuté de 22 % en juin, deuxième mois consécutif de baisse depuis mai 2025. La guerre des prix, couplée à une demande atone, plombe l’ensemble du secteur et pèse sur les valorisations boursières. Le titre BYD, qui évoluait autour de 9,26 € en fin de semaine, a perdu 15,46 % depuis le début de l’année. Il se trouve à 37,43 % de son plus haut annuel (14,80 €) et à 13,73 % sous sa moyenne mobile à 200 jours (10,74 €). Le RSI à 50,4 signale une dynamique neutre, mais la volatilité annualisée de 40,37 % trahit des soubresauts nerveux.
Malgré ce contraste entre un international flamboyant et un domestique morose, le président Wang Chuanfu maintient son objectif : faire de BYD le premier constructeur automobile mondial d’ici cinq ans. La nouvelle batterie, la recharge ultrarapide et l’essor des exportations sont les piliers de cette ambition. L’implantation d’une seconde usine européenne marquera une étape décisive pour réduire la dépendance au marché chinois. La décision sur le site est imminente.
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