À 1,49 euro, l’action DroneShield reste engluée dans une mauvaise passe. Le titre du spécialiste australien de la lutte anti-drone a perdu près de 59 % depuis son sommet d’octobre 2025 à 3,65 euros, et recule de 24,82 % depuis le début de l’année. Pourtant, deux événements majeurs viennent de se produire : un forum de l’OTAN à Ankara a dévoilé un programme d’investissement de 40 milliards de dollars sur cinq ans dédié à la défense anti-drone, et l’entreprise a publié le 6 juillet une mise à jour logicielle clé pour contrer les menaces de drones FPV et de brouilleurs à saut de fréquence.
La nouvelle de l’OTAN est un catalyseur potentiel de premier ordre. L’Alliance prévoit de créer un marché centralisé pour les systèmes éprouvés, ce qui pourrait ouvrir des contrats massifs aux fournisseurs capables de s’adapter rapidement. DroneShield, qui a amorcé un virage stratégique en délocalisant sa production en Europe, espère tirer son épingle du jeu. Les premières unités de contre-UAS sont sorties des lignes de montage européennes en juin 2026, grâce à un modèle de fabrication en sous-traitance qui répond aux exigences locales du programme « Readiness 2030 » de l’UE. Le groupe, dirigé depuis Amsterdam, contourne ainsi les obstacles bureaucratiques qui freinent les concurrents non européens.
Sur le plan technique, la nouvelle version du logiciel DroneSentry-C2 améliore la détection RF et intègre une fonction de mise à jour « air-gapped », renforçant l’attrait auprès des clients militaires et gouvernementaux les plus exigeants. Mais ce progrès logiciel n’a pour l’instant pas enrayé la chute du cours. L’écart avec la moyenne mobile à 50 jours (1,83 euro) atteint 18,44 %, tandis que la moyenne à 200 jours (2,02 euros) semble hors de portée.
Le contexte boursier reste en effet plombé par des nuages institutionnels et managériaux. En avril 2026, le directeur général Oleg Vornik a cédé la place à Angus Bean, et le président du conseil d’administration a également quitté son poste. Ce double départ a ébranlé la confiance des investisseurs. Pis, une enquête de l’ASIC, le gendarme boursier australien, est ouverte depuis mai 2026 pour examiner les annonces passées et les transactions du titre. La volatilité annualisée sur 30 jours frôle les 72 %, signe d’une nervosité persistante.
Les partisans d’un rebond misent sur l’avantage compétitif que confère la production locale en Europe. DroneShield affiche plusieurs trimestres consécutifs de flux de trésorerie d’exploitation positifs, et sa capitalisation boursière de 1,35 milliard d’euros pourrait être justifiée dès l’obtention de contrats pluriannuels de grande envergure via le nouveau marché de l’OTAN. Le RSI, à 40,6, laisse entrevoir une marge de rebond technique.
À l’inverse, les sceptiques pointent la pression sur les marges si des acteurs de poids ou des start-ups technologiques se ruent sur le marché centralisé. Le cours évolue 26 % sous sa moyenne mobile à 200 jours, et l’absence de nouvelles commandes fermes pourrait le ramener vers le plus bas des 52 semaines, à 0,82 euro. Le prochain test décisif interviendra le 1er septembre 2026, avec la publication des résultats semestriels : le marché jugera si les « encaissements records » évoqués précédemment se matérialisent dans les comptes et si la stratégie européenne porte ses fruits.
D’ici là, le titre devrait rester sensible aux annonces géopolitiques et aux évolutions de l’enquête ASIC. La zone des 1,49 euro constitue un support immédiat. Si elle tient, une stabilisation est possible ; en cas de rupture, le chemin vers les 0,82 euro se dégagerait. L’issue dépendra de la capacité du nouveau management à transformer en contrats concrets les promesses du forum de l’OTAN.
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