Le constructeur chinois BYD a franchi en juillet un seuil symbolique : pour la première fois, 43 % de ses ventes mensuelles proviennent de l’étranger. Sur le mois, le groupe a écoulé 419.211 véhicules électriques et hybrides, soit une progression de 21,8 % par rapport à juillet 2025 – le troisième mois consécutif de croissance. Les exportations ont bondi de 124,3 % à 179.841 unités, tandis que le marché domestique a reculé d’environ 9 % à 239.370 véhicules. Une bascule nette qui confirme la stratégie de diversification géographique du groupe, désormais portée par l’Europe, l’Amérique latine et l’Asie.
Un leadership mondial confirmé sur l’électrique pur
Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large. Au deuxième trimestre 2026, BYD a livré 557.090 véhicules 100 % électriques, dépassant les 396.500 unités estimées pour Tesla sur la même période. Le constructeur conserve ainsi sa couronne mondiale sur le segment du tout-électrique. Un avantage compétitif que certains analystes relativisent toutefois : Bank of America Securities a abaissé mardi ses prévisions de ventes et ses objectifs de cours pour BYD et d’autres constructeurs chinois, invoquant la hausse des coûts des matières premières et une demande intérieure toujours atone.
De fait, le bilan cumulé reste contrasté. Sur les sept premiers mois de 2026, BYD a vendu 2.227.722 véhicules à énergie nouvelle, soit un recul de 10,54 % par rapport à la même période de l’an dernier. Le rebond estival ne compense donc pas encore le déficit accumulé en début d’année. Les marchés d’exportation absorbent une partie de la faiblesse domestique, mais pas la totalité.
Un robot humanoïde pour élargir le périmètre
Au-delà de l’automobile, BYD avance ses pions dans la robotique. Le groupe a confirmé l’arrivée de son premier robot humanoïde, baptisé « Xiao Di », dans ses espaces d’expérience « Di Space » au mois d’août. Le prototype fonctionnel doit interagir avec les clients en concession, illustrant l’ambition du groupe de devenir un acteur technologique à part entière. Le calendrier n’est pas anodin : mardi, la FCC américaine a durci ses restrictions techniques sur les robots chinois dotés d’intelligence artificielle, invoquant des risques de cybersécurité. Un rappel que les tensions géopolitiques pourraient accompagner les futures expansions de BYD.
Côté marques, la performance avance également. La sous-marque Fang Cheng Bao a franchi le cap des 500.000 unités vendues trois ans après son lancement. BYD a par ailleurs intégré pour la première fois le top 100 du classement Fortune Global 500, à la 91e place.
Le sport et les marchés émergents comme vecteurs
L’offensive commerciale passe aussi par le sponsoring sportif. Les joueurs de Manchester City ont visité le siège de Shenzhen dans le cadre du partenariat automobile mondial signé en février 2026. Paris Saint-Germain a de son côté officialisé en juillet un contrat de trois ans courant jusqu’en juin 2029, faisant de BYD le partenaire automobile officiel du club, avec des véhicules BYD et Denza intégrés aux opérations quotidiennes. En Inde, le groupe propose des financements à 7,77 %, tandis qu’en Australie, un programme de remise en argent est en place pour l’Atto 2, accompagné d’une nouvelle option de leasing avec Smart.
Sur le terrain géographique, les avancées se multiplient : première livraison de 2.000 véhicules à énergie nouvelle au Pakistan, lancement au Japon du kei-car électrique « Racco » avec un objectif de 10.000 commandes à un prix inférieur à deux millions de yens après subvention, introduction de la sous-marque Denza en Arabie saoudite via le partenaire Al-Futtaim Electric Mobility, et lancement du Denza Z9 GT en Grande-Bretagne. À Hongkong, la municipalité a attribué à BYD un terrain pour construire sa propre station de recharge. Tous les projets ne sont toutefois pas fluides : en Malaisie, le ministère du Commerce a indiqué n’avoir reçu aucune confirmation officielle de BYD concernant l’usine de montage prévue à Tanjung Malim.
Le titre reste en retrait malgré les records
La Bourse, elle, ne suit pas encore. L’action BYD s’échange autour de 10,16 euros, en baisse de 1,01 % sur la séance, et demeure 23,22 % sous son plus haut sur 52 semaines de 13,23 euros atteint fin août 2025. L’écart avec la moyenne mobile à 200 jours de 10,54 euros atteint 3,55 %. À Hongkong, le titre avait pourtant gagné environ 21 % entre début juillet et début août, à 94,90 dollars hongkongais, son plus haut niveau depuis juin. En Allemagne, le papier affiche une progression de 10,42 % sur 30 jours à 10,23 euros, mais reste 2,94 % sous sa moyenne à 200 jours.
Les investisseurs professionnels semblent eux aussi prudents. Smartkarma a salué l’intégration verticale du groupe et sa position de leader sur les fonctions de conduite autonome, tout en pointant une tonalité défensive dans les structures d’options – signe que des couvertures contre un repli se constituent malgré les bons chiffres de ventes.
Les prochaines échéances seront déterminantes. Le 13 août, BYD lancera officiellement la berline Qin Max, dont les exemplaires de démonstration sont déjà chez les concessionnaires. La présentation d’une plateforme de robots humanoïdes est annoncée pour août, destinée à la fois à la production interne et à des collaborations externes. Surtout, les résultats semestriels non audités seront publiés le 29 août. Ils diront si la vigueur des exportations de juillet se traduit enfin dans les comptes – et peut-être, dans la foulée, dans le cours de Bourse.
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