Le constructeur chinois BYD multiplie les fronts à l’international. Entre le lancement de son premier hybride flexible fabriqué au Brésil, l’engouement naissant pour sa Kei-Car au Japon et la confirmation de son robot humanoïde, le groupe affiche une ambition tous azimuts. Pourtant, la pression sur les marges et la guerre des prix sur son marché domestique continuent de tempérer l’enthousiasme des investisseurs.
Le Song Pro débarque à São Paulo avec l’éthanol en renfort
BYD a présenté mardi au Brésil le Song Pro Super-Híbrido Flex, premier modèle hybride rechargeable assemblé localement capable de fonctionner à l’essence, à l’électricité ou à l’éthanol. Une réponse directe à l’infrastructure carburant bien ancrée dans le pays. L’investissement consacré à cette nouvelle variante de motorisation atteint environ 19,6 millions de dollars.
Produit dans l’usine de Camaçari, dans l’État de Bahia — où BYD a injecté au total 5,5 milliards de reais —, le véhicule affiche des prix allant de 176.990 reais pour la version d’entrée GL à 199.990 reais pour la finition GS, forte de 219 chevaux et d’une batterie de 18,3 kWh. L’autonomie électrique varie de 60 à 120 kilomètres selon l’équipement. Les premières livraisons sont attendues en septembre, avec un objectif de production de 180.000 unités cette année sur le site. Le taux de localisation devrait dépasser 50 % d’ici janvier 2027.
Le timing tombe bien : en juillet, BYD a écoulé 23.465 véhicules au Brésil, soit une progression de 142 % par rapport aux 9.680 unités de l’année précédente. Avec 9,1 % de part de marché, le groupe se hisse à la quatrième place des immatriculations locales.
Le Racco séduit le Japon, Suzuki réplique
Sur l’archipel nippon, BYD tente une percée inédite avec le Racco, son premier Kei-Car — ce segment de mini-voitures qui domine traditionnellement le marché japonais. Lancé le 28 juillet, le modèle a déjà enregistré plus de 700 commandes, auxquelles s’ajoutent 125 immatriculations le mois dernier. L’autonomie atteint 210 kilomètres en version de base et 320 kilomètres sur les finitions supérieures 300Plus et 300Premium, selon le cycle WLTC.
Positionné à environ 2,145 millions de yens avant subventions — soit 1,995 million après déduction des aides —, le Racco se place sous les tarifs de ses rivaux historiques, à l’image du Sakura de Nissan ou du N-One e de Honda. La concurrence n’a d’ailleurs pas tardé à réagir : Suzuki a annoncé son intention d’amener son propre Kei-Car électrique en Europe d’ici 2027, équipé de batteries fournies par un sous-traitant proche de BYD.
Un robot humanoïde face à un marché américain fermé
Parallèlement, BYD a officiellement confirmé la commercialisation de son premier robot humanoïde, baptisé Xiao Di. Haut de 1,61 mètre et pesant 58,5 kilos, il doit être présenté début août au Di Space Center de Zhengzhou, avant de rejoindre les showrooms de Shenzhen et Shanghai, puis 50 sites à terme. Le groupe a déposé 47 brevets liés à la robotique humanoïde en douze mois, signe d’une ambition affirmée dans ce secteur. Les coûts de fabrication sont estimés entre 50.000 et 80.000 dollars par unité.
Le calendrier tombe mal : le 28 juillet, la FCC, le régulateur américain des télécommunications, a imposé des restrictions à l’importation de robots chinois. Un obstacle pour les ambitions globales de BYD dans la robotique de service, où Tesla compte bien peser avec son Optimus. En Bourse de Hongkong, l’action a toutefois gagné 2 % à l’annonce.
La guerre des prix continue de peser
Le contexte reste néanmoins délicat sur le front domestique. Les baisses de prix allant jusqu’à 15 % sur les modèles Qin et Han ont fait chuter la marge opérationnelle de la division automobile à 5,8 % au premier trimestre 2025, contre 7,2 % un an plus tôt.
Le marché chinois des véhicules à énergies nouvelles a pourtant connu un mois de juillet record : 1,47 million d’unités vendues en gros, en hausse de 23 % sur un an — la progression la plus rapide de l’année. La pénétration des véhicules électriques et hybrides dans le commerce de détail a atteint un sommet historique de 64,5 %, soutenue notamment par les multiples hausses des prix de l’essence. BYD a livré 411.072 véhicules sur le mois, loin devant Geely (158.145) et Tesla Chine (93.579).
Le titre reste prudent
En Malaisie, le flou persiste autour du projet d’usine de Tanjung Malim. Le ministère du Commerce local assure n’avoir reçu aucune communication officielle de BYD sur le sujet, tandis que le gouvernement maintient des incitations fiscales jusqu’au 31 décembre 2027 pour attirer les constructeurs de véhicules électriques.
À Francfort, l’action BYD cédait 1,21 % mardi, à 10,32 euros. Sur une semaine, le titre gagne toutefois 1,96 %, et 10,57 % sur trente jours. Il reste néanmoins 2,07 % sous sa moyenne mobile à 200 jours. La dynamique opérationnelle au Brésil et au Japon envoie des signaux positifs, mais la rentabilité du cœur de métier automobile demeure le principal sujet de vigilance pour les investisseurs.
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