Le constructeur chinois ne cesse d’élargir son périmètre d’influence. Avec 497 000 véhicules écoulés hors de Chine au premier semestre 2026, soit une progression de 81,4 % sur un an, BYD a dépassé Hyundai-Kia pour s’emparer de la troisième place du classement mondial hors Chine, fort d’une part de marché de 10,8 % — trois points de plus qu’un an plus tôt. Volkswagen (635 000 unités, 13,8 % de part de marché) et Tesla (599 000 unités, 13,0 %) conservent leur avance, mais l’écart se resserre à vive allure.
Un mois de juillet qui confirme la dynamique
Les chiffres semestriels trouvent un prolongement naturel dans les statistiques mensuelles. BYD a produit 420 249 véhicules en juillet, contre 317 892 unités un an plus tôt — un bond significatif qui matérialise le troisième mois consécutif de croissance des ventes. La demande étrangère compense ainsi une faiblesse persistante sur le marché intérieur chinois, où la pression sur les prix et la saturation du marché continuent de peser.
Cette bascule géographique constitue désormais le principal indicateur à suivre pour les investisseurs : la rentabilité du groupe dépendra de plus en plus de sa capacité à vendre au-delà de ses frontières. Les chiffres du deuxième trimestre, attendus le 28 août, diront si les volumes mensuels se traduisent enfin en marges.
Le Brésil, fer de lance d’une stratégie de production locale
L’expansion ne passe pas uniquement par les exportations. BYD a commercialisé au Brésil son premier plug-in hybride fabriqué sur place, doté d’une technologie Flex-Fuel capable de fonctionner avec trois types de carburants. L’initiative illustre une volonté d’ancrage local qui permet d’atténuer l’impact des droits de douane tout en s’adaptant aux spécificités régionales.
Le pays joue d’ailleurs un rôle central dans la machine exportatrice du groupe : 194 686 véhicules y ont été expédiés au premier semestre, dont 99 504 électriques purs et 95 182 hybrides rechargeables. L’ensemble de l’Amérique centrale et du Sud a absorbé 222 000 unités, en hausse de 142,8 %.
L’Europe, terrain de conquête contrasté
Le Vieux Continent demeure un débouché majeur, avec cinq pays parmi les dix premières destinations d’exportation. L’Australie suit avec 58 839 véhicules, devant la Belgique (43 848), le Royaume-Uni (39 054) et l’Allemagne (28 316). En Belgique et au Royaume-Uni, les hybrides rechargeables représentent respectivement 62 % et 71 % des ventes.
Le contexte réglementaire n’est pas sans aspérités : l’Union européenne applique à BYD un droit de douane additionnel de 17,0 %, inférieur à celui de Geely (18,8 %) et surtout à celui de SAIC (35,3 %). Malgré ce handicap, l’export s’avère nettement plus rémunérateur que le marché domestique : la marge brute à l’exportation a atteint 28,1 % en 2025, contre 17,2 % en Chine. Le groupe a d’ailleurs relevé son objectif d’exportation pour 2026 à 1,5 million de véhicules dès le mois de mars.
Des signaux d’alerte sur l’offre mondiale
La machine avance vite, mais pas sans frictions. Les exportations chinoises de véhicules électriques ont bondi de 120 % au premier semestre, alors que les immatriculations à l’étranger n’ont progressé que d’environ 75 %. Selon l’Agence internationale de l’énergie, plus d’un million de véhicules resteraient ainsi non immatriculés dans le monde, symptôme d’un excédent structurel qui pourrait peser sur les prix.
La concurrence chinoise, elle, ne faiblit pas : Geely a écoulé 296 000 unités à l’export (+47 %), tandis que Chery a presque quadruplé ses volumes avec 201 000 véhicules (+350,7 %). Le marché mondial hors Chine a progressé de 30,3 % à 4,598 millions d’unités, porté par l’Europe (2,528 millions).
Nouveaux terrains de jeu : Japon et Irlande
BYD explore également des segments inédits. Au Japon, le kei-car électrique Racco a récolté 1 002 commandes en deux semaines après son lancement le 28 juillet, dépassant l’objectif interne de 1 000 réservations. Huit acheteurs sur dix ont opté pour la finition haut de gamme 300 Premium, facturée entre 2,14 et 2,497 millions de yens avant aides. Le groupe vise 10 000 réservations d’ici fin 2026.
En Irlande, BYD va reprendre en main la distribution, jusqu’ici confiée à Motor Distributors Ltd, pour accélérer une expansion menée par onze concessionnaires et une part de marché de 3,5 %.
La Bourse entre prudence et espoir
Les marchés financiers n’ont pas encore pleinement intégré cette trajectoire. À Hongkong, l’action a clôturé lundi à 94,90 dollars de Hongkong, en hausse de 0,8 %. En Allemagne, le titre s’est établi à 10,19 euros, progressant de 1,51 % sur la séance — une autre source mentionne 10,11 euros et +0,72 %, selon les horaires de cotation retenus. Sur un mois, le gain atteint 9,58 %, mais le cours demeure environ 23 % sous son plus haut sur 52 semaines de 13,23 euros, touché fin août 2025.
Le rendez-vous du 28 août s’annonce décisif : les résultats semestriels diront si la croissance des volumes se convertit enfin en bénéfices, alors que BYD — déjà sixième constructeur mondial — affiche l’ambition de dépasser Toyota, fort de plus de neuf millions de ventes annuelles contre environ 4,5 millions, d’ici cinq ans. Un pari d’autant plus audacieux que sur quelque 130 constructeurs chinois de véhicules électriques, seuls quatre étaient rentables en 2024 : BYD, Tesla Chine, Li Auto et Geely.
Publicité
Actions BYD: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de BYD et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de BYD entièrement gratuite : En savoir plus ici !

